13.05.2012

"Il y avait" d'après-hier

Comme un matin d'éveil décalé, de ces lendemains de rêve qui résonnent sans doute un peu trop des accents de la veille et d'une veille trop longue avant d'avoir trouvé le chemin du sommeil.

C'est l'histoire d'un de ces matins où j'ai le sentiment très vif que rien de meilleur ne peut advenirr, que la nuit, les rêves n'ont tenu aucune promesse et m'ont simplement porté d'un jour à l'autre sans miracle, sans même la trace d'un recul salutaire pour envisager un avenir, un prochain pas, une autre voie...

 

 Il y avait un avenir, un horizon,

une farce sans chute pour gravir le jour

et les raisons d'y croire, et la loi des raisons.

   

Il y avait une menace, une crainte,

il y en a toujours au cœur du labyrinthe

Une pesanteur subtile fruit du déclin du jour

de celles que l'on happe à son sens défendant

quelle que soit la récolte et les faces du vent

  

Il y avait ces soirs-barges, ces départs seconds

pour passer le relais à l'ailleurs émergeant,

pour se fier aux intimes chuchotements

d'une absence qui porte réveil d'’illusions,

l'évanouir pour redestiner le réel

voyage qui console d'un relief manquant

   

Et des lendemains sans voix ("C'est cela, encré, en vie?!")

entonnant les premières notes d'un chant de victoire, évasif. 

  

Il y avait aussi les retombées sur nuits

pour passer une main tremblante à l'oubli,

pour niaisement se fier à l’adage rapiécé

d’un aveuglement choisi qui porte conseil,

s’exclure du vrai ou s’excuser du réel

traversée qui traîne trop d’envie et des pieds

    

Puis des lendemains sans voie, épuisés, abrutis

entonnant les premières fausses notes d'un chant de gloire propagandiste. 

   

"Il y avait", des nuits qui s'entassaient

en tumultes humides sans dessein

presque aussi absurdes qu'un lendemain

(juste retour des déraisons en biais)

18:28 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

15.04.2012

Demain de Printemps

Ca aurait pu être un jour de Printemps, le jour de mon anniversaire. C'est un onze heure marginal portant une robe de crépuscule teinte en cris.

Mon visage délavé arbore des traces de chute, il tord des traits de ressemblance soudainement plus visibles.

J'ai mal, quelque chose a été arraché d'en moi, sèchement. Il reste ce vide qui le remplace et engloutit la lumière.

Où sont mes bras, mes jambes, où est passé ce ciel qu'au réveil je voulais absorber?

Demain déferle dans tout mon corps, il brise mes reliefs, il ne laisse que de la bruine, salée, amère, tellement triste.

 

Demain je l'aurais encore entendu chanter, je l'aurais encore embrassé.

 

Je n'aurais jamais cru que ça pouvait être si brutal. Ma poitrine s'est écrasée contre le portail de l'irrémédiable, respirer est comme trahir la douleur, presque de l'égoïsme sans respect pour elle. Je me force à remplir mes poumons plus fort, ils se vident aussitôt.

 

Ce n'est pas la mort qui est absurde, ce qui l'est, c'est ce qu'engendre la douleur de ceux qui restent. La raison est si détestable, si froide...

 

J'ai besoin de me replier par terre et m'endormir, partir, m'en foutre. Cet irrémédiable là est violent. Des larmes effilées qui me déversent, me dévident. Des silences où aucune solitude n'est possible, moi enfant, lui vivant, chacune de nos variantes façonnées par les années, tant de nous et pas une seule pièce, pas un recoin où je pourrais me coucher, me replier dans un nuage de solitude, un peu plus haut.

 

Il n'y aura pas de prochain demain avec lui. Il n'y aura plus que la certitude que ce qu'il n'y avait déjà presque plus a réellement disparu. Son beau visage éteint, ses petits cheveux bien coiffés, je sais qu'il est parti.

 

Demain continue à gratter les parois autour du vide. Une miette de partage, une poignée de secondes qu'une lueur dans son regard me donnait, pas de la force, pas de l'espoir, juste un peu de vrai, de tangible. Juste un peu de mon père, encore un peu, de l'amour en peau, en odeur.

 

Mais ça, c'était demain. Maintenant, il faut déjà apprendre à oublier pendant que je marche, pour ne pas oublier d'avancer et parce que le vide qui reste n'a sa place qu'en moi. Des coups intérieurs de tristesse qu'il faut contenir pour ne pas qu'ils transpirent et s'échappent en signes extérieurs de détresse qui ne servent à rien.

 

C'est un jour de Printemps en plus pour ne pas oublier d'avancer jusqu'à l'été, et parfois, en silence, laisser un moi enfant te donner la main. Parce-que ça me manque.

 

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20:29 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

03.04.2012

Et quand un Père s'en va...

 

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Celles et ceux qui connaissaient Jacques Joël savent qu’il a voué son existence au théâtre.:
Lauréat du Prix de la littérature dramatique de la Société des Auteurs et d'un Eve de la mise en scène, comédien, auteur et réalisateur, adaptateur reconnu de grands auteurs anglo-saxons (Agatha Christie, Alan Ayckbourn, Richard Harris), juré au Conservatoire Royal de Monsprofesseur d'art dramatique pendant plus de 30 ans (il découvrit et forma, entre autres, les comédiennes Grace de Capitani et Angélique Leleux.) 

Journaliste de formation, il a également été homme de radio et de télévision, réalisant et présentant plusieurs programmes culturels à la RTB dont, pendant plus de 10 ans, l'émission télévisée « Sept sur sept » et le programme radiophonique « Fenêtre sur cœur ». 

Durant sa carrière, il a réalisé plus de 150 mises en scène, principalement au Théâtre Royal des Galeries et au Théâtre Molière mais aussi pour de nombreux autres théâtres,  festivals et tournées. Il a notamment organisé et monté des spectacles présentés lors des représentations d'été de Beersel, des festivals de Welkenraedt et des tournées "Welfare" au Congo. 

N'ayant jamais pu se résoudre à quitter cet univers, il entreprit en 2001 de fonder une nouvelle compagnie de théâtre, l'Arlequin Walhérois, avec laquelle il monta neuf pièces avant de devoir passer le relais pour raisons de santé. 

C’est entouré de ses maquettes de théâtres du monde, dont celle qu’il appréciait particulièrement : « The Globe» de Shakespeare, que mon papa nous a quittés.


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Il est mort comme on fait tomber le rideau, une dernière prestation, une dernière mise en scène, si bien menée qu'elle semblait improvisée... 

Et même si il avait oublié comment on lit dans sa propre tête, je suis sûr qu'il a retrouvé la trace d'une ancienne salve d'applaudissements pour l'accompagner jusqu'à son ultime loge. 

Au revoir, Jacques, grand homme de théâtre, tout ce que tu as donné au monde des planches, côté cour et côté jardin, dans les drames et dans les comédies de la vie, ta voix, tes gestes, ton spectacle permanent , ils ne risquent pas de s'effacer sans public, ils restent ici, en nous, et te saluent bien bas. 

 Garde ton sourire, tout notre amour y est accroché!

 

Son oeuvre: http://www.bellone.be/fr/ressources/details/persons/16801...

 

 

On arpente des vies, recherche des regards
scrutant parfois les profondeurs et les vallons
attendant calme ou résigné que le brouillard
s'évapore banni ou devienne pardon

On marche sur des routes qui portent serviles
évitant de s'arrêter, de se retourner
puisant dans l’à venir d'un horizon mobile
l'envie d'encore goûter à d’autres satiétés 

Emporté, s'envoler, aimé s’imaginer
touché par quelque grâce, précieuse éphémère
telle raison de croire que tout n'est pas figé
et soulever les reliefs cousus sous les paupières

Frappé, abîmé, abattu, pire qu’humilié
se donner au courant, celui du "Continue!"
implorant que la chute nous soit vérité
éteigne les tourments, encense l'inconnu

Et puis un autre part et nous laisse sa trace
une empreinte de braises qu'il nous faut emporter
une image plus lourde qu'aucune pluie n'efface.
Réalité dissoute, palpable fragilité

Et quand un autre part, il nous faut repartir
quelle que soit notre rage, même si nous sommes perdus
délaissés par l'envie, asséchés de désirs
demain est à venir,juste moins absolu 

Ne sécher aucune larme, laisser couler la haine
révolte incontenue, comme la vie se déchaîne 

...Trouver dans ces brûlures de quoi encore rêver..
…Prouver à la blessure le besoin d'exister...

11:44 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

23.02.2012

Mes mains à couper que mon front gauche est à quoi bon

Cette nuit, j’ai rêvé que mes deux mains étaient sectionnées au niveau du poignet.

Impossible de me rappeler comment ça arrivait. Mon souvenir remonte à l’instant où mes deux mains gisent sur le sol. Ca ne saigne pas énormément et les deux mains sont belles, encore beiges, paumes face au sol, les doigts légèrement repliés.

Je les ramasse et avec l’aide de quelqu’un dont je ne me souviens pas non plus, nous les rattachons grossièrement à mes bras avec de l’adhésif gris. Je me dis que si elles sont remises en place, elles seront irriguées le temps d’aller à l’hôpital. C’est le cas, même si elles deviennent grises puis noires à chaque fois que je les laisse pendre. Mes doigts bougent
encore et si j’ouvre et ferme les mains, elles reprennent des couleurs et je peux même voir une veine qui regonfle sur la droite.
Pourtant je me rends compte que c'est probablement inutile car tout m'empêche d'aller à l'hôpital: des gens qui disent m'y conduire mais me déposent dans un quartier désert, un bus qui va dans le sens inverse...

Hier soir, en discutant avec mes amis, je me suis demandé si je croyais encore possible de changer le cours des choses humaines. Je me suis demandé si l'espoir valait encore la peine de le voir déçu, définitivement.
Discussion animée se promenant entre la crise grecque, le système banquaire, le réchauffement climatique, la nouvelle partie quinquennale de dupe/ propagande/manipulation en France... 

A un moment, je perds le fil trop noué par mes deux fidèles compères et me vient cette pensée: Il y a toujours la même flopée de misère, de gaspillage, d’injustice, de brutalité humaine.
Ca ne va pas mieux, jamais! parce que un mieux vaut deux pires, un progrès social ou scientifique coûte deux, trois régressions de même accabit...

Est-ce qu’elle stagne, cette flopée? Ou est-ce qu’elle s’étend? Quelqu’un a des nouvelles du Darfour? Quoi de neuf du côté de la famine de la corne de l’Afrique? A part le tri sélectif, les pommeaux de douche économiques,les partis écolos qui ne parviennent pas à décoller et les sommets climatologiques qui mendient dans leur niche, humilés, ça va mieux la fonte des glaces, ca se passe bien du côté du CO2? A-t-on reçu le bonjour de la reconstruction en Haiti récemment?

Oui, si on cherche, on constate qu’on a reçu plein de messages à leur sujet . Mais ils sont partis dans le junk-mail des médias ou ils gisent muets dans les forums pas sexy du peuple des concernés.

ET j’en reviens à mon doute : Est-ce que je crois encore possible de changer le cours des choses?

Un exemple : j’aime bien le programme du Front de Gauche, je m’y retrouve, j'apprécie ses idées pour un changement radical pour le bien humain, pour un mieux commun. J’ai lu avec avidité le bouquin de Jacques Généreux, Nous on peut sur la possibilité d’une nouvelle forme d’économie, sur les travers et les mensonges du système dans lequel nous subissons/vivons/survivons/dépouillons/profitons/participons au grand déséquilibre financier mondial.

Mais, ni le Front de Gauche ni Jacques Généreux ne sont les premiers à avoir eu ces idées, à les avoir diffusées, à avoir tenté de les porter au «pouvoir».  

C’est pourtant plus censé de constater le foutoir d’un système, du monde et de dire:

«OK, on arrête, ça ne marche pas. On doit faire autrement tant que c’est encore possible.»  

que de dire :

«Ca marche de moins en moins bien, mais continuons, tant qu’on a des rustines et des soudures, des remparts et le pouvoir, hein!! Pourvu que ça tienne le temps de notre vivant…»  

La première option est incroyablement t plus censée, oui ou non?? Oui!

Pourtant, ça représente combien de gens, de partis, de groupes,de lobbies qui pensent "changement positif radical", qui pensent: «L’humain d’abord» ? D'après les derniers sondages: 9%, 10%, 11%. Et ailleurs en Europe, ailleurs dans le monde, ça représente quelle proportion?? 

ET c’est comme ça depuis que je m’intéresse à la politique, au changement, à l’espoir! JAMAIS je n’ai vu une majorité de gens décider d’aller ensemble, mondialement, se battre contre: la famine, l’injustice, la pauvreté, la violence, la haine, le réchauffement climatique, la distribution équitable des ressources, etc, etc, etc….  


L’ONU? Parle à mon cul, lui répond l’écho. Alors qu’elle devrait être le summum de la coopération et le bras armé d’une charte des droits de l’homme surpassant toute constitution, religion, droit national ou international, elle est une mendiante à laquelle on accorde parfois, par le miracle d’un consensus de coulisses puant les arrangements cyniques, le droit d’appeler les urgences.
Une gauche humaniste et internationaliste? Quelle gauche? Celle qui s’oppose sans voix ou celle qui s’installe et est bien seule alors… transige, rentre dans le rang social-démocrate de l’économie de marché ou dérive vers l’autoritarisme. 
Une droite charitable et pragmatique? Sa dévotion au marché et à sa voie unique, la croissance, ne lui permet qu’une liberté: celle de l’individualisme et de la winner-attitude. Ordre et mérite en étendard moral, justificateur, pour se cacher les yeux face à tous les déséquilibres qu’elle engendre.
les ONG? Ces pauvres des pauvres, versant de mille bras des gouttes de bien dans l’équivalent d’un supertanker d’huile de merde.

Cette nuit j’ai rêvé que je n’avais plus de mains, qu’elles m’avaient été sectionnées, et je crois que je sais pourquoi j’ai rêvé de ça…

13:47 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

16.10.2011

Hier... Et pendant ce temps, Le Débattoir s'extrait un peu

Hier des gens se sont rencontrés pour la premières fois, d'autres ont découvert un nouveau goût, une chanson qu'ils ne connaissaient pas.

Hier rien n'a changé pour la plupart des gens, sauf qu'ils ont vieilli d'un jour.

Hier des surprises ou des hasards incroyables ont fait sourire des humains, les ont fait sauter de joie ou exploser de bonheur.

Hier la terre a fait son boulot, comme d'hab, elle a tourné.

Hier les absurdités de la vie, du monde, du quotidien s'en sont encore pris à des centaines de millions de personnes, souvent pour les désespérer un peu plus, en attaquant le dernier rempart de leur envie de vivre: la résilience, la survie.

Hier, j'ai senti que quelque chose advenait ,un fracas, un faille dans la pression absurde, une fracture sale de l'abjection banalisée.

Hier je me suis persuadé qu'il fallait trouver l'altitude d'un refuge !! Alta mirar mañana..


 

En attendant la publication du "Débattoir des condamnés en rut" sous une forme ou une autre, au milieu du chaos bien réel de tout ce qui nous entoure, au milieu des autres combats, ceux pour vivre , pour de la dignité, par erreur , avec toujours en point de mire la possibilité de retrouver l'innocence...

...Je vous livre ici, vous qui passerez par là, quelques bouts de recueil, quelques pincées d'histoires, comme des moments volés offerts ou des indiscrétions publiquement impudiques.


 

 

Bonne lecture, et si vous aimez, partagez...

12:23 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

17.06.2011

Le débattoir des condamnés en rut

Voilà.... J'en ai fini avec ce recueil de nouvelles. Deux ans d'écriture, de ré-écriture pour certains textes qui existaient déjà depuis plusieurs années.

C'est un recueil de 21 nouvelles ou chroniques, certains textes assez courts, qui racontent tous à leur manière cette face obscure de l'existence qu'est cette équation :

Souvent on doit se débattre pour vivre, survivre ou exister. Et quand on prend un peu de hauteur pour le constater, on se rend compte que toute finalité humaine étant égale, la mort, on peut nous voir comme étant des êtres se dirigeant inéluctablement vers l'abattoir. Un élément qui revient souvent dans mon observation de l'humain, c'est qu'un des échappatoires universels les plus commun pour oublier, pour vivre et se survivre, c’est le sexe. Ainsi en est-il du titre de ce recueil.

A travers les histoires ou morceaux d’histoire que sont ces 21 textes, j’ai essayé de raconter cette face obscure de la vie. Par le prisme de l’amour, de la vieillesse, de l’espoir, du sexe, des doutes et de la solitude. De la folie et de l’oubli aussi.

J’espère maintenant trouver un éditeur. Si cela ne devait pas se faire, je le diffuserai par auto-édition. EN attendant, je lui souhaite de bien se débattre pour essayer d’exister!

 

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 4ème de couverture:

Si on ose lever la tête pour observer ceux qui, comme nous, mentent, marchent encore, s’enfuient sur des pavés en absurde poli.

Quand on scrute le lointain, droit devant, ne devinant que nos pieds, les pas qui nous renvoient l’écho d’un ventre sexué,creux, violent, griffant le cœur, se tordant de vie, de peur.
Quand le sang tendu, on pénètre l’improbable qui agite devant nous: "Sanctuaire des fous" mais qui s’affaissera d’un trait de sable...

Alors on ne peut nier qu’on va à l’abattoir mais le nier, lâche et brute, comme on se branle de «Faut y croire!»
Alors on y va, condamné à vie à la peine sine qua crève qui éructe de se débattre en rut.

14:55 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

15.04.2011

Un jour, je vais mourir

Et je me demande si ce jour là, je serai conscient de ma mort. Si j'aurai le temps de me dire: "Ah, ca y est, c'est fini". Et je me demande si soudain, tout aura un sens, si toutes les pièces manquantes de ma métaphysique viendront compléter l'image. Pour rien!

Quand il fait clair et ensoleillé comme ce matin, que je vois des arbres et le ciel par la fenêtre, je voudrais que toute la réponse soit là-dedans.

Mais pourquoi une vérité? Trouver le sens des actes et de l'existant? Qu'est-ce que je veux d'autre comme réponse? Regarde ce qu'il y a, le monde, les gens, les règles accumulées et les lois universelles, les sentiments  partagés et les pensées ! C'est tout ce qu'il y a. Il n'y a rien d'autre . Tout le reste n'est qu'à faire où à subir.

Puis un jour, on meurt! En attendant: sourire, rêver, survivre, passer, devenir. Mais en attendant, à la moindre hésitation, au moindre fléchissement, toujours ces mêmes petites piques de morale positiviste et  "haut les coeurs!": Chercher le bonheur, être heureux, vivre l'instant présent, profiter de sa chance...

Mais arrêtez!!

D'abord il faut le vouloir, ensuite il faut le pouvoir, et surtout, il faut y croire!  Ce n'est pas toujours le bon moment, même si la mort devait arriver au milieu de la tristesse passive pour le faire regretter.
Malgré cet avertissement, comment on fait quand tout autour, par chaque pore de sa conscience on voit bien que  la vie, les autres, le temps qui passe, c'est un mélange de merde et de poussières d'étoile?
Et comme rien n'est facile, à cause de la merde, ces poussières d'étoile auront toujours un arrière-goût de temps passé, de comptes à rendre, de nostalgie!

Comment on fait quand de façon limpide on sait, on comprend, on voit bien qu'il faut supporter la merde, son odeur, son goût, son omniprésence tant qu'on décide que la chasse aux poussières d'étoile vaut ce prix?
Comment on fait pour croire et pour trouver l'envie au quotidien dans un monde où être heureux est d'un égoisme criminel et nécessite de tourner le dos aux horreurs? 
Comment on fait ça, déjà? 

 Il y a la lâcheté, celle qui fait que puisqu'on est dans cette bouse nauséabonde, on a pas à s'en vouloir si ça nous tombe dessus, on gratte un peu alentour, histoire de récolter quelques paillettes et on attend que la grosse masse puante se trémousse et se convulse pour recommencer à gratter un peu plus loin.
Il y a la fausse volonté. D'y aller un peu plus, mais pas trop, d'un air pincé, plonger plus loin, mais pas trop,  pour se fabriquer une manne de poussière en souvenirs ou en insouciance, une manne qui protègera un peu de la merde.
Il y a l'aveuglement total, nier tout l'infect, le sale, le pourri, et se démener pour amasser, arracher, dérober tant de poussières qu'on parvient à s'asseoir dessus en laissant l'immonde plus bas que soi.

Un jour je vais mourir, et je sais que je n'ai pas envie que mes dernièrse pensées soient comme toutes celles-ci!Alors, chercher par la fenêtre un peu de vérité simplifiée à fabriquer soi-même? Est-ce que tout ça aura eu un sens? Cette succession d'errements bi-polaires est tellement égocentrique.

 

09:47 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

31.03.2011

La genèse d'Empoésinné & le mécénat de la pause

la genèse de mon poste "empoésinné" est à peu près ceci: bribes d'une discussion sur cet empoésinnement....

"Mais pourquoi la poésie? Tu ne vendras rien, tu le sais! 

Les gens aiment la poésie, ok mais juste comme ça, par surprise, une bribe, un vers, un quatrain. Par surprise, au hasard ou au gré. Pas un livre! Enfin, un recueil, oui, pardon! 

Ecris un roman, enfin. Moi je préfère quand tu écris des phrases et des histoires! Pourquoi de la poésie, sérieusement?? C'est dommage, avec ta facilité, ton style tu pourrais cartonner. Ce serait vachement mieux! 

Ben oui, faut pas t'étonner, c'est trop compliqué, il faut lire entre les lignes, prendre le temps de relire,un peu comme une chanson qu'on ré-écoute sauf que c'est pas une chanson. 

Oui c'est beau, ça c'est sûr, très beau même, intense, fort ,tout ça... mais c'est du blabla, ce "tout ça". C'est pas ça que les lecteurs veulent. En peinture, en sculpture, en dessin, le beau, l'intense, c'est parfait, ça oui! Mais c'est pas porteur la poésie pour ça. Par contre tes nouvelles, tu vas les publier quand? Ben oui, faut t'y mettre et finir ça. Tu verras, après , tu pourras écrire tes poèmes, ce sera mieux accueilli si ça marche avec les nouvelles! 

C'est con, t'a pas choisi la bonne époque pour la poésie, enfin bon, si j'étais à ta place, hein, tu sais ce que j'en pense !"

 

Je sais. Moi aussi, parfois!

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Aujourd'hui, c'est mon anniversaire.... Je me laisse dériver dans une journée qui est mienne, sans contrainte, je laisse des mots tomber sur le fond blanc de mon document Word, je fume et bois du café, avec devant les yeux un vieil arbre enlevant au ciel gris l'implacabilité de ses intentions. Je ne regarde pas l'heure défiler, pour une fois. Je vis avec l'écriture, comme j'ai souvent rêvé que ma vie devrait être. ET c'est très fort...

 

Rare et très précieux! Quand le temps, enfin, imite une pause, c'est comme si vivre avait le goût d'un horizon mécène...

12:53 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

19.03.2011

Le goût du métal dans la chair

 

Si tout était à écorcher 

muni d'une lame en papier,

sourire en promotion, le velours et l’acier

un goût traînant de ciel sur ma rage affablée

quelques éclats de voie dans un mutisme con

et l'intention volage imitant l'érosion

je resterais debout,je soulèverais le monde,

dans le sens inverse des aiguilles d'une honte.

Ca ressemble à tous ces anciens soirs de solitude... Ma pensée se sépare de mon quotidien, l'accompagne en le jugeant, invisible et discrète.

Des heures, des jours s'écoulent, ma pensée m'y installe en position de prostration, comme si j'étais prisonnier dans une boucle répétitive aussi tourmentée qu'un nerf à vif. Vivre sans être vraiment présent,les apparences  trompeuses en vitrine, par honte d'être vide et par peur de déplaire... 

Il y a ce vieux copain qui est de retour, le goût du métal dans la chair, il traîne sur les papilles gustatives de mes silences,  j'ai l'impression qu'il fait rouiller les pilotis d'acier trempé de mes convictions.Pour la quantième fois, déjà??

Comment certains arrivent-ils (malgré leur déni) à embrasser l'acceptation de cette médiocrité: une complainte passive si lourde qu'elle transforme les sens en une cire sèche et imperméable aux vouloirs.

Je m'ausculte et palpe mes questionnements, nombril sans intérêt du monde, et je constateque je ne suis même plus aigri. L'aigreur est le fruit des amours brutales de la passion et de l'échec. Quand je fais mon diagnostique, je suis principalement impuissant. Et l'impuissance elle est le bâtard maladif des longs ébats de l'espoir et de la déception. 

Pourtant je sais que la lueur existe encore, pourtant. Parce-que dans plusieurs êtres, je me retrouve.

 

Parce-que si tout devenait déception avant même d'être, si les tentatives pour aller vers vous, vers eux crevaient asséchées ou honteuses, alors je pourrais ne plus vouloir que Rien, refuser en bloc, en abandon, comme ces pulsions qui me murmurent la tentation de l'inertie et que je noie sous certaines lunes d'horizon que j'aime encore contempler ou attendre.

Parce que si je refusais d'encore essayer, je pourrais ne plus vivre que sans raison, déraisonnablement sans regret ni pardon, comme un barbare agressif, seul-ement minéral.

Je me souviens avoir écrit un jour le résumé de ces pensées:

si je n'aimais plus, je ne serais déjà plus, ni là ni ici ni moi-même... 

Cela se résumerait à ça??

 

 

 

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12.12.2010

ENcore se relever pour encore se lever

Le temps m'alourdit. De plus en plus. Il enfonce plus encore mes pieds dans le sol.
Je vieillis... Je ne suis pas encore vieux, mais je suis usé, déraisonnablement, je m'enthousiasme moins vite et moins longtemps, mes passions se tassent  et je ne comprends plus grand chose puisque la plupart n'ont aucun sens.

le monde et les gens m'accablent. D'apprendre que des déchets plastiques rassemblés par le stream dans l'atlantique s'étendent sur une surface immergée de la taille de la France m'accable. De réaliser que la plupart de mes connaissances ne sont pas des gens heureux m'accable. De savoir que des milliards de gens vivent comme des miséreux sans que je ne fasse rien m'accable. De voir que le grand débattoir s'étend et qu'on se complait dedans m'accable. Tout comme tous ces autres coups de griffe que l'humain m'inflige à chaque fois qu'il est infecte, absurde et con.

De m'entendre dire ce que je dois faire par des gens qui s'en arrogent le droit sans être compétents m'accable. Même si ils étaient compétents, ils n'en auraient pas plus le droit mais je suis fatigué de me révolter et de devoir me battre pour qu'ils me respectent. La révolte implique que l'on ait foi en l'avènement de ses convictions, je ne l'ai plus. Je ne crois plus qu'une justice universelle soit possible, je ne crois plus que le savoir, la sagesse et la raison puissent un jour mater et remplacer le pouvoir pour lui-même et empêcher ceux qui l'accaparent pour eux-mêmes. M'en rendre compte m'accable. Ne plus trouver la voie pour être compris m'accable. Savoir que je suis impuissant à faire accepter mes choix sans conflit et sans culpabilité me dévore et m'inocule la rage.

Je n'ai plus envie de combattre l'espoir pour l'empêcher de s'emparer de mes folles aspirations et de s'enfuir après avoir déclenché un nouveau raz-de-marée de déception dans ma poitrine et dans mes yeux.
Rejeter l'espoir est encore plus terrifiant car où chercher la part d'impossible ensuite.
Comme courir après ses rêves et ne jamais parvenir à les attraper pour les réaliser, comme essayer d'être quelqu'un, tenter, jouer le jeu, faire ce qu'il faut et échouer puisque les règles sont pourries...
Se battre pour faire plier l'existence semble si inutile, comme si une règle universelle voulait que plus on essaie, plus elle se cabre et se débat... Et j'y perds mes forces.

Pourtant,il faut encore être fort, il faut encore se relever, car je suis vivant. J'y pense déjà alors même que je chute, me lever un matin de plus est un impératif.  Me lever à travers mes mots, me lever en forcant le sourire à étirer ma face, me lever en aimant les miens, me lever en puisant dans la poésie que je crache de quoi ne pas être là en vain.

Je sais que si je ne me relève pas, les rouages d'une machine infernale qui n'attend que ça se mettront en branle, je sais qu'il y a en moi une bombe dormante, et si je ne me lève pas...

 

19:15 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

06.11.2010

Empoésinné

 

La poésie? Qu’est-ce que vous avez cru? 

On a parlé d’espoir, on a parlé de rêves. Des lendemains se sont même pris pour la réalité. C’était enivrant. 

 

C’était hier, c’était juste des mots qui inventaient des légendes où d’autres mots étaient héros. C’était quelques séquences de comédie insérées dans un réel trop fermé. Et c’était bon d’y croire. Mais ce qui n’advient pas est comme un faux sur le marché de l’art. Et j’en suis désolé. 

 

Je ne suis pas optimiste pour demain, ni particulièrement pessimiste pour plus tard. Des aléas favorables changeront la donne, un peu, parfois. Mais quand bien même? La finalité est-elle là où on paie pour lire le mot fin ou alors là où tout ce qui le précède devient? 

 

Accommoder des lettres à la sauce poésie, qui s’en soucie? 

Pas mal de monde en fait.

On se soucie de savoir pourquoi gâcher du temps et gaspiller les pouvoirs de l’alchimie des notes tatouées dans les lettres. On s’inquiète en biais de l’indigestion que ces sauces alambiquées peuvent provoquer. Serait-ce de la trempe de ce qui donne naissance aux ronds de fumée? Ou une mise en garde contre certains effets secondaires indésirables? Cette larve est dans la pomme depuis si longtemps… 

On s’interroge dubitatif sur ce à quoi cela peut bien servir puisque ce n’est pas servi dans tous les bons établissements près de chez soi, pas vendu à la criée par les ondes d’un establishment clos.


Oui, quand on y pense, la poésie, on s’en soucie, on s’en inquiète…

 

Qu’est-ce qu’ils ont cru?  

Mes vers jouent à guichet grand ouvert pour quelques poignées d’yeux qu’ils font parfois briller en l’air. Certains s'en réjouissent, ils se réjouissent que ces poignées soient maigres et clairsemées. Cette réjouissance ne coute rien, c’est vrai mais cette gratuité est un étrange prix à payer.


Est-ce si incroyable que ça qu’Il n’y ait pas de ‘raison contraire’ quand les pensées se crachent indemnes sur un arbre aplati. Qu’il n’y ait pas de guerre, pas d’ennemi non plus, juste une lutte entre le tu et l’écrit, juste l’envie.


Croyez-moi, je ne suis pas de pierre et il n’a jamais été possible de changer du plomb en or. Au grand buffet des ‘Vivre!’ posés sur du papier d’argent, en équilibre instable, loin des yeux, loin des bords, il y aura toujours, au moins, au mieux, de quoi faire un festin de parents pauvres, et c’est très bien aussi. 


Moi je suis empoésinné par tous ces vers luisant dans mes pensées et je m'en régale.



 

12:35 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

09.10.2010

Personne

Qu'est-ce qui me tient debout? Qu'est-ce qui me retient éveillé? 
Cette perception si claire d'une solitude que rien ne parvient à éradiquer, ni l'Amour, ni les partages....

Être à ce point prisonnier de soi, malgré les dénis d'égoisme, malgré les sentiments d'empathie, de tendresse, de faire partie, avoir comme une bête qui ronge la tête en résonnant toujours de la même question: Qu'est-ce que je suis, pourquoi j'existe? Pour qui,  puisque paradoxalement, je n'existe pas pour moi....

 

Y'a personne pour m' entendre hurler

personne pour me dire d'arrêter

personne pour me fermer la gueule

 

Je continue de marcher, dans les rues

j'entends mes doigts se tordre, seuls

glacés, joints, suant mon reflux

y'a personne pour les regarder blêmir

personne pour me dire que c'est vain

personne pour m'inventer devin

 

Je m'arrête parfois pour me voir fuir

j'entends mes faux-pas s'écraser

titubants, morts, presque plus vrais

mais y'a personne pour ne pas l'ignorer

personne pour me foutre la paix

personne comme des milliers d'apnées

 

Je rattrape l'inutile en boitant

j'entends mes yeux se débiner

baissés, brumeux, putain de vent

mais y'a personne pour sentir leur haleine

personne pour comprendre leur haine

personne qui accepte d'y VOIR !

 

Je hurle muet, plus d'heurts que de mal

j'entends déjà le bleu du soir

aussi lourd qu'un marteau, brutal

mais y'a personne pour le capitonner

plus personne dans mes rues usées 

et tant de moi pour m'assommer

que seul personne m’empêche de sombrer 

 

16:34 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

29.08.2010

Urgent: Vivre!

Brice Depasse m’avait demandé il y a quelque mois d'écrire un texte  pour ‘Urgent : Vivre’

Quand j’ai découvert la démarche derrière ces deux mots, j’ai été intrigué. J’ai alors posé des yeux lents et curieux sur ces œuvres, promenant mes pensées dans l’imaginaire réel-isé de ces 21 artistes. Et j’ai été aspiré, emporté par l’urgence…

Urgent: Vivre
Oui, il y a comme une évidence qui saute aux yeux. C’est presque un pléonasme, aussi. Cette vie que nous nous accordons si souvent à qualifier de trop courte, le fameux Carpe Diem faisant écho à ce constat, bien sûr qu’il est urgent de ne pas en manquer une facette, un choix, un instant !
Mais est-ce tout?
Quand la vie se perd dans les ombres de l’angoisse, dans les courants trop vifs d’un monde inquiétant, quand elle s’échoue en solitude ou dans la tristesse d’un exil, n’a-t’elle pas d’autre sens, cette « Urgence» ?
Ne serait-ce pas ce Feu sacré qu’on invoque, qu’on bouscule, qu’on oublie puis qu’on rappelle à son destin, à l’essence même de sa lumière … Et qui nous révèle l’or sous la roche ?

Je reconnais l’urgence à l’odeur Ciel qu’elle pleut
sur mes pensées d’ailleurs et mes envies enfouies
lorsqu’elle me traverse d’un besoin impérieux
celui qui donne forme à mon monde et mes cris

Elle est cette impulsion qui me vit hors de moi
qui dessine ma force, me la montre du doigt
dans ces élans secrets qui ressemblent à la chute
mais qui sont les reflets d’intimes altitudes

Je reconnais sa trace quand mes pas la remplacent
dans mes yeux, sous mes mains, en mots qui se font gestes
quand ils dansent en couleurs, en traits qui me délestent
repeignant le silence en effaçant ses traces…

Faut-il se demander : Pourquoi cette Urgence?
Quand elle nous évade sur les passerelles qui mènent au regard des autres…Quand on découvre que nos sens libérés sont prêts à s’offrir sans nous perdre pour autant…Quand, emporté par ses ailes, on se reconnait vivant… Un pourquoi a-t-il la moindre importance ?
Non. D’évidence, sa raison d’être réside dans ce qu’elle nous insuffle : Créer, inventer, partager, devenir et par la même venir aux autres et revenir au monde.

Et soudain, ‘Urgent : Vivre’ nous offre tout son sens.

___________________________________________________________________________________________

Plus d'information:

-Le Blog de Wado sur l'exposition

-La page Facebook de l'exposition

13:03 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

26.06.2010

Sans fuir

J'ai parfois le sentiment très clair que je sais où réside l'apaisement, où se trouve le milieu, dans un abandon de la course et des règles, hors jeu. Là où moins est la clé et la récompense des perdus...

 

Une augure à l'arrière de la gorge
éclaireur d’un cri encore en forge
que l'on enfume comme un présage,
qui brûle, ahurissant la perdition
que je recrache comme un partage
en courtisant gauchement la distraction

C’est une voie en sens aigus
qui s’éclaircit et insinue :
Ressembler au vent quotidien,
cet air anodin qui ne trouble rien,
être les cloisons du temps qui,
en se dissipant, se mue en passage

Fondre sous les projecteurs de l’oubli
qui  aveuglent le reflet et l’image
pour enfin trouver la force et le droit
au vrai milieu de mille parts,
de s’accepter vain, soumis au hasard,
traînant sans raison ou cent choix.

Et de soupirs reconstruire un sourire
puis un jour, puis sans fin, sans fuir…

15:04 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

16.06.2010

Quand Jacques Roubaud parle de la poésie, je me sens moins seul!

Le monde diplomatique - Janvier 2010

Un art qui résiste à sa dénaturation

Obstination de la poésie

La poésie est un genre que l’on s’évertue à voir là où il n’est pas — dans un coucher de soleil, dans le slam, dans les convulsions scéniques d’un artiste — et à ne pas voir là où il se trouve : dans un tête-à-tête du poète avec la langue. Son insignifiance économique la condamne à l’obscurité ; pourtant, les recueils, les revues, les sites qui lui sont dédiés continuent de fleurir. Et réservent de belles découvertes à ceux qui prennent la peine d’y accoutumer leur œil et leur oreille.

Par Jacques Roubaud

Constat

Le siècle présent (le XXIe) maintenant fermement installé, la poésie continue à perdre du terrain dans les journaux : Le Monde des livres peut laisser passer une année entière sans rendre compte d’un seul livre nouveau de poésie française contemporaine ; les librairies, dont la majorité n’a même plus de rayon consacré à ce genre d’ouvrages, et la télévision (mais cela allait déjà de soi au siècle précédent) ne s’y intéressent pas. Une sorte de gêne empêchait jusqu’à récemment les autorités culturelles de tirer les conséquences de ce fait de société. Mais elles s’y sont finalement laissé aller, sans peut-être s’en rendre compte.

Deux exemples : le Mexique étant invité au dernier Salon du livre de Paris, une série d’écrivains furent reçus. Pas un seul poète n’était présent. Pas un non plus parmi les auteurs envoyés au printemps aux Etats-Unis pour représenter la littérature française d’aujourd’hui. On remarquera aussi que le jury du prix Nobel, ayant décidé de couronner, en 2008, un écrivain français, a choisi un romancier (1) (c’est un choix tout à fait honorable), mais a ignoré le plus important des poètes français vivants, Yves Bonnefoy.

Cette situation a pour conséquence, ou est une conséquence de, la quasi-inexistence économique de la poésie — en tout cas de celle qui se compose en ce moment. La poésie ne se vend pas, donc la poésie n’a plus d’importance. La poésie n’a plus d’importance, donc ne se vend pas. Certes, ce genre littéraire n’est pas seul à voir s’affaiblir ses « parts de marché » sur la scène culturelle contemporaine. Le roman, la littérature en général, le livre même sont affectés. Mais dans le cas de la poésie, on a affaire à une forme extrême de cet effacement.

A qui la faute ?

La responsabilité de cet état de choses est imputée, depuis près d’un siècle, avec une touchante obstination, aux poètes eux-mêmes. Toute une panoplie d’accusations est toujours déployée pour expliquer et justifier la désaffection commerciale : les poètes contemporains sont difficiles ; ils sont élitistes ; cette activité est ringarde et passéiste. Les poètes sont narcissiques ; ils ne rendent pas compte de ce qui se passe réellement dans le monde ; ils n’interviennent pas pour libérer des otages, pour lutter contre le terrorisme ; ils ne résorbent pas la fracture sociale ; ils ne font rien pour sauver la planète. Ils ne parlent pas la langue de tout le monde et cetera. Voilà pourquoi on ne les lit pas. Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

Il n’est guère utile de commenter ces accusations. Disons seulement ceci : qui s’intéresse à la poésie, aime et connaît Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, Eluard, Aragon, Char et Michaux, par exemple, mais trouve les poètes de son temps difficiles, ne les lit pas, ne comprend pas pourquoi ils, elles écrivent d’une manière qui lui paraît incompréhensible, se trouve dans la même situation que celui qui, affligé d’une maladie grave, obligé de garder le lit un mois, trouve, convalescent, une difficulté très grande à marcher et même à se tenir debout. La situation du lecteur de poésie qui a cessé d’en lire est semblable : moins on lit, moins on lit, et ce que, par hasard, on tente alors de lire semble impénétrable.

Le vers international libre

La situation qui vient d’être décrite n’a pas été sans effet sur les poètes eux-mêmes. Et de plusieurs manières, que je ne chercherai pas à déduire les unes des autres. La première action de la « chute de poésie » a été de précipiter une évolution formelle, en cours depuis longtemps. Il y a eu le vers libre standard des surréalistes remplaçant le vers compté-rimé traditionnel, sa démolition par l’avant-garde des années 1960 (Denis Roche) et la conversion assez répandue au vers international libre (lire « Ni compté ni rimé »), importé, comme tant d’autres produits, des Etats-Unis : le VIL est un vers ; il n’est ni compté ni rimé, et plus généralement ignore les caractéristiques d’une tradition poétique dans une langue donnée ; il « va à la ligne » en évitant les ruptures syntaxiques trop fortes. On peut faire du VIL dans quasiment toutes les langues. Quel avantage ? On évite sans trop de difficultés les terribles « droits de douane de la traduction », qui découragent les éditeurs, et les traducteurs ; et on échappe à un enfermement dans les « frontières du dialecte », redoutable à l’heure de la mondialisation.

Le VIL est encore très présent sur la scène poétique mondiale, dans tout festival international, anthologie ou revue. Ses exigences formelles sont assez faibles. Et ce fait entraîne un glissement de plus en plus sensible vers une phase (ultime ?) de l’évolution formelle : celle où le vers lui-même n’est plus considéré comme nécessaire. Il avait déjà tendance, dans les années 1990 du siècle défunt, je l’ai constaté souvent, à disparaître, à la lecture, dans la diction d’un grand nombre de poètes, qui lisaient leurs poèmes comme de la prose, de la prose ornée rhétoriquement par la voix, car il faut bien faire voir qu’il s’agit de poésie. Dans ces conditions, pourquoi ne pas composer tout simplement de la prose ? La poésie, et c’est spécialement sensible chez les poètes les plus avancés de France ou des Etats-Unis, se fait alors par petites proses courtes, mais non visiblement narratives : l’absence d’une trame narrative nette est alors le marqueur unique de l’appartenance au genre poésie.

Peut-on encore se dire poète ?

Mais pourquoi, dans ces conditions, maintenir l’affirmation d’appartenir à la catégorie « poète » ? Les réponses sont souvent contradictoires et ambiguës. La faiblesse de la poésie dans le champ économique entraîne — c’est là une conséquence naturelle du type de société dans laquelle un poète, comme les autres, vit — un mépris plus ou moins affiché de ce monde à l’égard de ceux qui osent revendiquer ce nom. La poésie ne s’attaque pas beaucoup aux événements peu plaisants qui se produisent partout (ce n’est pas, d’ailleurs, pour moi, son rôle). Mais si par hasard elle s’avise de le faire, on lui répondra, à la manière dont Staline aurait répondu à quelqu’un qui lui parlait de l’opposition du pape à sa politique : « Le Vatican, combien de divisions ? » Pour le monde, et pour la « quatrième page des journaux », être poète n’est, au fond, strictement rien.

D’ailleurs, dira-t-on, la poésie, chose noble, n’est plus du tout ce que font les poètes. Ils ne la méritent plus. La poésie est ailleurs : dans la chanson, dans le coucher de soleil, dans le roman, etc. Car la poésie, pour le monde, n’est plus concevable que si on la trouve là où elle n’est pas. C’est ce qu’on peut nommer, en détournant une expression de Yannick Liron, l’effet fantôme. La poésie est morte pour toutes fins pratiques, mais son aura demeure. Elle peut (sous une forme quelconque, mais la moins reconnaissable possible dans la poésie des poètes) servir, par exemple, à la « culture d’entreprise ».

Il n’est pas surprenant que, pour beaucoup, le fait de s’avouer poète de nos jours ait quelque chose de ridicule, de honteux même. Les effets de décomposition formelle mentionnés plus haut se conjuguent alors avec le sentiment d’inadéquation au monde, et un désir légitime de reconnaissance sociale, pour amener un grand nombre de poètes à ne pas présenter leurs livres comme poésie, à nier qu’ils sont de la poésie ; ce qui n’empêche pas les mêmes, ou leurs éditeurs, de présenter des demandes de subvention au Centre national des lettres, devant la commission « poésie ».

Et puis, et puis, inévitablement, d’excellents poètes, découragés de l’absence d’écho qu’ils rencontrent (pas de ventes, une attente d’un, deux ans pour voir leurs livres publiés autrement que dans de toutes petites maisons d’édition, ou à compte d’auteur, le silence assuré de la presse, etc.), passent à d’autres activités : au roman, au théâtre, au cinéma ou à l’opéra.

Produits de substitution

La poésie étant mondainement inutile, c’est-à-dire invendable, passée, dépassée, activité langagière démodée, genre littéraire moribond, bien des bons esprits ont pensé qu’il ne serait pas mauvais qu’elle disparaisse. Et que sa place soit réservée désormais à un produit de substitution neuf, libéré du carcan du passé littéraire, « absolument moderne » en somme. C’est ce à quoi s’était employée autrefois l’avant-garde autoproclamée, instaurant à sa place le TEXTE. Le « texte » a disparu, en apparence sans laisser de traces, mais on a pu remarquer une résurgence récente, sous la forme du document poétique.

Le « document », dans ce bi-mot définitoire, est une forme nouvelle du « texte », revendiquant pour lui un statut sérieux, moins métaphysique en apparence que son prédécesseur, scientifique presque. Mais, moins radicaux que leurs ancêtres des années 1960, les fondateurs de ce nouveau genre littéraire l’ont affublé de l’adjectif « poétique ». Ils ont tenté de justifier l’emploi de cet adjectif qui, pour tout le monde, évoque la poésie, telle qu’elle existe dans toutes les langues de l’Europe depuis plusieurs siècles, par un raisonnement étymologique. Jean Paulhan, dans un petit livre salubre, La Preuve par l’étymologie (2), a montré autrefois le caractère burlesque de ce type de raisonnement (dont certains philosophes abusent) ; il repose sur une hypothèse fort peu vraisemblable : que le sens d’un terme évolue en cours de siècle de manière strictement parallèle à la substance linguistique qui le constituait à l’origine. Dans le cas du « document poétique », l’adjectif, interprété étymologiquement, est destiné à faire bénéficier le « document » de l’effet fantôme qu’a le mot « poésie ».

Sur la Toile

Il semblerait découler de ce qui précède que les jours de la poésie sont comptés. Pourtant, dans la masse de ceux qui ne sont plus, ou presque plus, des lecteurs de poésie, et qui sont même de moins en moins des lecteurs tout court, l’attrait de la poésie n’a pas disparu. On peut parler, en transposant le titre d’un livre de Paul Fournel (Besoin de vélo (3)), d’un « besoin de poésie ». Les progrès techniques, permettant les publications peu coûteuses, et surtout le développement exponentiel du Net, avec la multiplication des sites et des blogs, favorisent l’expression de ce besoin. La nature même de la poésie, qui se fait dans les poèmes, généralement de dimensions modestes, lui permet d’être beaucoup plus accessible sur écran que le roman, par exemple (qui a déjà lu A la recherche du temps perdu sur son écran d’ordinateur ?). Je ne préjugerai pas de l’avenir de l’e-book, qu’on nous promet régulièrement depuis plusieurs années, mais qui n’a pas encore d’existence très assurée. Le « marché », ce personnage surpuissant qui règne dans le monde, lui prépare le terrain, par exemple, en commençant à vider les bibliothèques publiques de leurs livres (de plus en plus nombreux en vente sur le Net) ; mais on doit constater qu’on trouve beaucoup de poèmes sur la Toile, et que la poésie, de ce fait, atteint plus de lecteurs que ne le fait le livre, puisqu’il ne se vend guère.

Simultanément, les lectures de poésie, les rencontres spéciales se sont multipliées, et les auditoires y sont souvent de dimensions respectables. L’économie, cependant, encore une fois, joue un rôle dans ce phénomène : bien des municipalités ont découvert qu’il était beaucoup moins coûteux d’inviter un ou deux poètes qu’un chanteur, un orchestre ou un ballet. C’est dans ce contexte que le « besoin de poésie » a trouvé un mode d’expression original : le slam.

Slam

Le « besoin de vélo » s’exprime mieux en montant sur un vélocipède qu’en regardant le Tour de France à la télévision. Le succès, à Paris, des Vélib’ le montre. De la même manière, le besoin de musique trouve un débouché dans le karaoké et l’assistance à des concerts, mais est sans doute mieux satisfait par la participation active à une chorale ou à un groupe de rock. L’invention du slam, initialement au moins, reposait sur un postulat explicite : tout le monde est virtuellement poète. Tout le monde, donc, peut « faire poète ». Le slam, dit-on, est un « art d’expression populaire oral, déclamatoire, qui se pratique dans des lieux publics comme les bars ou lieux associatifs, sous forme de rencontres et de joutes oratoires ».

J’extrais ceci d’une présentation du slam : « Le mot “slam” désigne en argot américain “la claque”, “l’impact”, terme emprunté à l’expression to slam a door qui signifie littéralement “claquer une porte”. Dans le cadre de la poésie orale et publique, il s’agit d’attraper l’auditeur par le col et de le “claquer” avec les mots, les images, pour le secouer, l’émouvoir. Une autre explication du terme est donnée par l’initiateur du mouvement, Mark Smith, lors de son intervention en 2005 au Grand Slam national de Nantes : il explique avoir choisi ce terme pour son sens sportif et ludique de “chelem” (tennis, basket, bridge, etc.). »

Plusieurs caractéristiques du slam, tel qu’il se pratique en France, sont à signaler :

— Il est oral.

— Il n’a pas, a priori, d’intention artistique — preuve, selon ses initiateurs, de son caractère « démocratique » : Smith avait pour but de « mettre à mal la notion de qualité dans la poésie : quelques personnes, membres d’un jury arbitraire, exprimaient leur goût subjectif ». Les exemples abondants qu’on peut consulter, lire et écouter sur le Net montrent qu’en effet la production slamiste est généralement d’une indigence spectaculaire. (Ceci ne veut pas dire qu’il ne pourrait pas être produit ainsi de la poésie, au sens usuel du terme.)

— En principe, le slam est un art d’improvisation. Il renouerait donc avec la poésie traditionnelle populaire.

— Il est censé faire renaître « un vieux genre littéraire du Moyen Age : la tenson (la tençon occitane des troubadours), au cours de laquelle deux poètes se lancent dans une joute oratoire qui les oppose sur un sujet fixé à l’avance ».

Cette généalogie prestigieuse repose sur un contresens : la tenson des troubadours était infiniment savante et supposait un public capable de l’apprécier. Il en est de même de la poésie traditionnelle improvisée, qui s’appuyait sur de très anciennes pratiques, utilisant des formes complexes et contraintes. Il est impossible d’approcher de tels modèles, dans l’état d’ignorance générale de la poésie qui s’est faite et se fait. C’est pourquoi on ne trouve, dans la production « slamiste », que des débris de poésie classique privés de leurs conditions d’existence, mètres et rythme. La rime est sortie de son long sommeil, mais tombée à l’état minimal où elle règne dans les compositions de l’école primaire. On décèle des souvenirs scolaires déliquescents, et surtout, surtout, l’expression des sentiments les plus plats, des émotions indiscernables de celles qu’offre le soap opera. Remarquons que cet aspect « sémantique » du slam le fait apparaître comme détournement et dégénérescence du rap, qui ne se revendique pas comme poésie. Ainsi, autrefois, le rock est né d’un détournement du blues.

Le vroum-vroum

Le slam, sans doute, ne présente pas un danger très grand pour un exercice moins élémentaire de la poésie. Il n’en est pas de même pour le phénomène que je baptise ici « vroum-vroum ». Il s’agit de l’envahissement du champ de la poésie par ce qui a été nommé « poésie de performance » et qui, en étroite collaboration avec les « acteurs culturels » publics ou privés, pris d’une passion dévorante pour le « spectacle vivant », tend à devenir le mode privilégié d’existence de la poésie, excluant l’écrit au profit de l’oralité. On voit ainsi de plus en plus dans les manifestations se déclarant « poétiques », festivals internationaux de poésie par exemple, des « poètes » dont l’activité présentée au public comme poésie consiste à rouler en bas d’un escalier, à déchirer un gros annuaire téléphonique sur scène, à produire, électroniquement aidés, des séquences sonores inouïes et admirables, n’incluant pas un seul mot. Quand la langue est mise à contribution, dans un très grand nombre de cas le dépôt sur la page produit un texte médiocre, comme il arrive à bien des chansons, pop, rock ou pas, si on les prive de musique.

Toutes ces productions sont honorables, parfois impressionnantes, parfois, rarement (ce qui n’a rien de surprenant), d’une très grande qualité artistique, mais pourquoi les baptiser « poésie » ? Pourquoi ne pas les nommer musique, gymnastique, air d’opéra, numéro de cirque, sketch, chanson, ballet, strip-tease ? Une des œuvres réclamées comme emblématiques par les adeptes du vroum-voum, l’ Ursonate de Kurt Schwitters, s’annonce précisément comme musique et non comme poème. On peut formuler l’hypothèse suivante : c’est assurément la quasi-inexistence de la poésie dans le réel économique qui permet cette dérive dérisoire. Un « poète » de ce type, qui ne présente que des sons, n’a rien à craindre de la concurrence féroce qu’il rencontrerait s’il voulait s’imposer dans le champ musical.

Lire et dire

Je ne suis pas prophète et je ne sais si le vroum-vroum deviendra ou non l’unique forme reconnue de la poésie. Sans aller jusqu’à cet état extrême, il me semble qu’il y a un risque (c’est pour moi un risque) de voir s’établir une domination écrasante de la dimension orale de la poésie, au détriment du livre et même de l’écran. Ce serait une amputation et une régression. Or il y a aujourd’hui en France, comme il y en a toujours eu, de la poésie ; de la très bonne poésie. Difficile ou pas ; qui parle de tout, de vous, de rien ; qui invente, qui renouvelle, qui surprend, qui enchante. On la trouve dans des livres, dans des revues, dans des enregistrements sonores, des vidéos. On la trouve dans les librairies (il y en a) qui n’ont pas renoncé à la présenter, la soutenir, la vendre. Lisez-la, copiez-la, apprenez-la, comme on le faisait autrefois.

Ce que je viens d’écrire est pour défendre le point de vue suivant : que la poésie a lieu dans une langue, se fait avec des mots ; sans mots pas de poésie ; qu’un poème doit être un objet artistique de langue à quatre dimensions, c’est-à-dire être composé à la fois pour une page, pour une voix, pour une oreille, et pour une vision intérieure. La poésie doit se lire et dire.

Jacques Roubaud.

13:51 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

11.04.2010

Sans fuir

...
Fondre sous les projecteurs d'un oubli
qui effacent le reflet et l’image
pour trouver la force et le droit
au vrai milieu de mille parts
de s’accepter vain, soumis au hasard,
traînant sans raison ou cent choix.
 
Et de soupirs reconstruire un sourire
puis un jour, puit sans fin, sans fuir…

15:16 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

28.03.2010

Face à une vérité

Parfois, je suis persuadé que ce que je crée est authentique, que ce que j'écris est le fruit généreux de la spontanéité de mes sens et que j'en ai fait quelque chose de vivant fort et grand au-delà de sa première réalité .

Parfois, je comprends que la poésie n'est telle qu'un objet (d'art) derrière une vitrine de curiosités, elle n'est 'existée' que par de sincères politesses bien intentionnées et par la trace de quelques yeux qui s'y sont attardés.

Incarcérée dans une illusion rêvée d'évasion vers les autres, elle demeure en fait un ornement improbable… même plus ostentatoire.

Peut-être qu'il faut sans cesse revenir à la création, retourner à elle, et ne nourrir que la prétention de vouloir en être heureux pour soi et par soi.

Peut-être que d'arriver à ne plus vouloir la partager,d'arriver à se désaccoutumer du besoin de la faire devenir à l'extérieur, est la clé pour qu'elle ne s'abime plus ....


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25.02.2010

Ne plus écrire donc ne plus être entier

 

C'est la réflexion la plus évidente qui soit pour moi. Voilà quelques mois que je vis sans écrire, et que je sens ne plus être complet. Il me manque cette part  qui me définit à mes propres yeux. Elle me manque....

Pourtant je vis, je suis, je respire, j'aime, je ris, je pleure, je souffre, je mange et j'existe mais comme amputé d'une flamme qui me rend  juste, justifié, possible et fort.

Il y aura toujours ce monde de travers, mon monde, il s'est trop étouffé sous les jours qui s'accumulent lourds de manque de mots..... Il y a ce monde, juste ici, et je souris.

19:46 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

15.11.2009

"Ce qui fu{i}t" présenté dans Livre de bord

 

Nicky Depasse présente mon recueil dans l'émission "Livre de Bord".

Cette émission littéraire  qui passe sur Liberty TV est présentée par Brice et Nicky Depasse et propose chaque semaine un éventail des sorties littéraires et de leurs coups de coeur. Elle est multidiffusée 15 fois sur Liberty et dans les bouquets sat et TNT.

Le passage concernant mon recueil se situe aux alentours de la 12ème minute...

 

 

Merci Nicky, merci Brice!

13:58 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

14.11.2009

Une étreinte dans la gorge

 

Celle de l'envie qui n'a que le cri pour exister, celle d'un instant différent qui envahit et dont je sais qu'il restera en moi, celle de ce matin clair baigné de cru.

Cette étreinte est amnésique, elle ne sait pas d'où elle provient ni qui elle est. Elle porte autant de voiles et reflète plus de nuances colorées qu'elle en est raisonnablement capable.

Cette étreinte est schizophrénique, elle m'étrangle angoissée et du même élan elle me serre dans ses bras apaisante, émotion étrange qui ne me délaisse pas, trop aimante.

Anaïs avait déjà envisagé dans une chanson que "c'est peut-être une angine"! Mais non, je vais physiquement bien, j'ai peu fumé, je me sens éveillé et le métabolisme est fluide.Une jolie collection de vitamines passe par cette gorge chaque matin!

C'est une étreinte profondément émotionnelle, qui me dit "prends garde, rassure-toi, courage, c'est là, vas-y, ne t'inquiète pas, c'est trop tard, attention, souviens-toi, respire, ne recommence pas, plonge, essaie, oublie, Tant pis, tu devrais avoir peur, c'est magique, regarde, fais gaffe,  tu es aveugle, accepte!"

Des mots, encore et toujours des concepts que la réalité n'accepte qu'au compte-goutte, des pensées et leur ribambelle de possibles armés d'aiguillons qui harcèlent, des abstractions qui squattent mon cerveau à défaut de n'avoir pas les codes pour se matérialiser ou simplement s'agripper assez fermement dans l'hostilité ou la passivité du dehors. Des espoirs et des hantises qui s'estomperont de toute manière, qui épouseront le consensus lorsqu'ils copuleront avec l'air et le temps du réel.

Une étreinte dans la gorge, et un compte à rebours, l'ici naît de là-bas....

Finalement, ce serait bien, si c'était une angine!

13:02 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

02.11.2009

Mon recueil chroniqué dans "Lire est un plaisir"!

 

Aujourd'hui, j'ai eu le plaisir de découvrir une chronique de Brice Depasse concernant mon recueil publié sur Lire est un plaisir, la revue de chroniques littéraires en ligne.

Un article qui me touche... Merci Brice!

http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/post/7408433/ces-instants-fulgurants-qui-nous-ravagent

 

14:33 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

26.10.2009

Découvrons ensemble

... les mystères et les secrets de l'auto-édition.

Aujourd'hui:  en recevant une réponse à une lettre de présentation de mon recueil (envoyée à quelques journalistes), voici comment j'apprends que pour certains médias dédiés à la littérature, il y a des lois et des règles sans équivoque.

Ainsi, concernant le livre auto-édité ->

Règle d'or sine qua non et orbi mutatis mutandis de la loi de sa mère la très vénérée vérité, si tu y touches et lui manques de respect, tu t'enfonces gravement dans le monde du problème: 

Un livre auto-édité n'est pas un vrai livre. Il ne sera ni accepté, ni lu, ni pris en considération pour une revue ou une critique.

Woaw! Ca fait plaisir, non?
Si j'ai bien compris donc, en l'absence d'un nom d'éditeur sur mon recueil, son contenu n'est pas de la littérature, et le livre lui-même n'est qu'un assemblage de feuilles de papier plus ou moins bien attachées entre elles.

Un conseil: Si jamais vous tombez sur un de ces "bouquins" qui ne mentionne pas d'éditeur sur la couverture, méfiez-vous! C'est peut-être un faux livre avec des mots de contrefaçon et de l'écriture qui trompe l'oeil...

10:07 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook |

04.10.2009

Une raison de vouloir , encore

 

PArce-que dans chaque humain que je rencontre et qui de façon irrépressible voit  la vie comme un inextricable puzzle, j'arrive à oublier que je suis perdu dans la mienne.  Parce-que dans chacun d'eux, je me retrouve, comme j'étais ou comme je serai et je sais alors que ce simple constat porte en lui une part de lueur et de direction. Je réalise que j'ai la possibilité d'"être pleinement", peut-être le temps d'un échange ou d'une présence silencieuse ou alors le temps d'une violence extériorisée. Être à l'autre, passer le doigt entre les mailles serrées de l'abandon, du découragement qui étouffe et immobilise pour simplement toucher. Dans un geste, un cri, un sourire, une promesse d'un peu mieux, d'un peu plus. Dans une sincérité parfois dure ou simplement vraie comme un fouet, comme on donne un choc électrique, pour révéler, réveiller, empêcher de sombrer.

La vie n'est pas belle en soi, elle est pénible, elle est ennuyeuse, elle n'a pas le moindre sens. ET rechercher le bonheur, le plaisir, l'ivresse ou l'oubli ne sont souvent que des pansements qu'on pose sur ses vides qui s'écoulent en Nous. Je ne peux pas être quelqu'un d'autre, ni me substituer à lui, à elle, à eux, je peux seulement passer, à un moment, mon doigt entre ces mailles et les toucher avec un peu de MA vie, de la force de ma vie qui à l'instant où je lui trouve une raison d'être, sursaute et éjecte de la matière , de l'énergie.

La vie est globalement féroce, elle est globalement menaçante. Sans envie, elle est brutalement inerte, et chaque fois qu'on le réalise trop fort, trop consciemment, on se perd dans les amas de ses fils de fer gris, ne plus vouloir s'en extraire est évident,  ne plus croire que les fruits de la passion, le fruit de toutes les passions sont la seule arme pour en contrer l'inertie... ALors, une raison de vouloir, c'est sans aucun doute un autre qui doit nous la donner et par là même en trouver une pour lui-même. Je le ressens tel, aujourd'hui...

 

16:06 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

19.09.2009

Libre en contraintes

 

Il y a ces détours qu'on ne prend pas, par fierté, par orgueil, la peur tirant sèchement l'envie en arrière. ET quand on se met à se gausser d'être un être libre, au tout du moins un soldat de la liberté, d'expression, de choix, de vivre, on ressemble plus encore à un pantin. Car les voies sont toujours balisées, les décisions mitigées, même les plus radicales. Il n'y a de choix que si on accepte de vivre seul et sans désir autre que d'être, sans besoin s'éloignant de la primitivité: subsister physiquement.

Dans la volonté d'écrire, je  pense qu'il existe une part de ce constat. On est seul, l'autre est une image, le monde est un référentiel concret mais secondaire dans sa réalité grouillante. Tous les choix sont dociles, ils se plient aux images, à la pulsion en chaleur qui aspire à être fertile.

C'est quand l'écrit devient et qu'il semble réclamer d'exister aux autres que la liberté s'estompe, qu'elle devient concessions et manières.  Je me suis auto-publié pour cette raison aussi. Mon recueil réclamant, me réclamant cette existence là. Il est donc vivant et dans le monde, depuis maintenant 3 semaines. Dans la foulée, j'ai ré-édité "Méandres dominants". J'en ai reçu les premiers exemplaires et je les trouve tous deux très beaux, vraiment tès beaux!! j'en suis immensément fier. cela va d'ailleurs au-delà de la fierté, pour moi c'est un symbole fondateur, essentiel, c'est MA vie, c'est ce pourquoi je suis en très grande partie.

Mais il se fait que dans ce processus d'édtion, la simple logique me dicte d'en faire la publicité, de signaler son existence, leur existence, et je me trouve confronté à ces faux-choix d'écrivain libre, à ces contraintes. Comment vendre, me vendre, les vendre? J'utilise ce verbe car il correspond à l'acte de "persuasion" et de "transaction" qui s'attache à faire vivre l'oeuvre à travers son support, le livre. ET je rencontre beaucoup de difficulté à ne pas voir entre liberté et vendre une sorte de mariage contre-nature. Pas que je ne veuille pas que mes livres soient acquis, mais réalisant que le simple fait de mettre mes recueils à la disposition de qui veut se les procurer (la liberté) n'a aucune chance d'être et de se propager sans que j'en fasse la promotion (vendre). Or, cette promotion exige que je démarche, que je signale, que je publicise à travers let net, mon cercle d'amis et de connaissances. Que je demande qu'on m'aide à répandre la bonne nouvelle! Ce faisant, j'ai l'impression de forcer la main car une seule annonce ne suffit pas, il faut émerger de la masse infinie d'information qui se déverse quotidiennement et donc il faut se remettre au-dessus de la pile des "nouvelles" du jour. J'ai peur d'être prétentieux ou quémandeur, se faisant. 

Satané orgueil, maudite image de soi toujours en analyse. Et sacrée hypocrisie aussi, car c'est ce que je veux, d'évidence, je veux que mes recueils soient et que cela se sache...

 

 

14:28 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

03.09.2009

Cadeaux et extraits

 

Voilà une semaine que mon recueil est publié. J'en suis fier, j'attends impatiemment les premiers exemplaires qui devraient arriver chez moi bientôt.

Depuis son "lancement", j'ai reçu quelques échos, des personnes inconnues, des proches aussi, qui m'ont fait partager leur ressenti. Simplement. Et à chaque fois, j'ai reçu un cadeau, le plus beau quand on écrit et offre ses mots aux yeux des autres. Car parvenir à toucher à travers le miroir, la distance, c'est de la vie qu'on insuffle à mes poèmes, à mon recueil.


Pour ceux d'entre vous qui passerez par ici, voici un petit livret électronique d'extraits, en espérant qu'ils vous toucheront, qu'ils seront partagés et ressentis....

 

 

23:05 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

28.08.2009

ISBN 978-2-9600906-0-4

 

Je disais donc il y a deux mois, je vais envisager une autre possibilité de faire vivre ma poésie.

Ainsi en est-il depuis hier. Mon recueil est enfin né. Et j'ai tout fait: l'insémination, la grossesse, les forceps et le cordon.

Je vous présente donc fièrement  ici .

Bon d'accord, il ne sera pas disponible en librairie, sauf futures démarches de dépôt-vente que je pourrais entamer bientôt dans mes librairies favorites.

Bon d'accord, il ne sera pas à la foire du Livre.

Bon d'accord, il n'est disponible que sur un seul site dans le catalogue en ligne.

Mais il existe. et j'en suis vraiment très heureux.

Regardez comme il est joli dans son format romantique, avec de l'azurite, des mots, des heures, des yeux dans le vague et des café-clopes d'existence insufflés en lui comme un souffle d'envie en ebullition....

Le livre Ce qui fu{i}t(comme un éclat d'extase)

 

 

 

 

 

 

14:21 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook |

21.07.2009

Les atermoiements des écrits en devenir

 

Planté devant mon écran depuis 3 jours, je dérive accroché à la patience. Un terme s'est fiché au sol
d'écriture et irrigue mes sous-terres, les caves où fermentent mes mots: "Poitrine ouverte".

Vivre poitrine ouverte, c'est un état qui ne demande aucun effort, seulement un choix, qui ne réclame aucune cure non plus.  Poitrine ouverte est comme un cri contenu, continu. Une vision éclairée par la clarté d'un besoin. Il y a comme une notion de sacrifice qui s'y accole, mais ce n'est pas un acte glauque et mortifère, ca ressemble plutôt à un présent trempé dans les lacs d'une certitude née et avenir, un présent qui devient meuble, façonnable, atteignable. c'est aussi l'élégance brute de la vulnérabilité...

Je ressens intuitivement l'inspiration qui s'y abandonne,  je visualise un reclus qui se libère de lui-même, prêt à abandonner les échos de sa seule respiration. L'image d'un corps qui se déplie et s'approprie son espace avec assurance ...

Poitrine ouverte résonne et multiplie les ondes qui partent des yeux pour se cogner aux désir ou qui inventent un nouvel alphabet pour la peau et l'esprit. Ce qui les touchent se traduit en décharges qui ont un sens précis dans une langue nouvelle.

Sans aucun doute, ce terme prend toutes les formes en moi, il englobe et repeint l'ensemble des choses qui m'entourent, pose des accents sur les émotions, en fait naître de nouvelles, et la tempête de mots qu'il soulève ressemble à une masse effrénée qui tournoie, s'emballe et hésite à prendre forme définitive, à prendre formeS définitiveS sur le blanc d'une feuille virtuelle qui porte déjà ce nom: Poitrine ouverte.

Les atermoiements de ces écrits en devenir m'enthousiasment, j'ai envie de l'instant où ils se laisseront fondre en pulsations que mes doigts reproduiront sur le clavier ou sur le papier...

 

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18.07.2009

Les joies de l'introspection post-extasium

 

J'avoue que j'ai plus existé qu'écrit depuis quelques semaines! Exister... A l'ouest des rêves, au sud de l'attente, en décalage, calé pile poil dans la belle réalité des possibles.

Revenir ensuite à plus de solitude demande un effort de réadaptation, car les "teintes et les ondes" du vécu se bousculent en moi sans vouloir trouver de place. C'est comme si des instants précieux se façonnaient boules de flipper et se cognaient à mes pensées établies, aux "pris pour acquis" rangés dans mon cerveau.
Les premières tentatives pour retranscrire le flot de mots qui se bouscule pour sortir d'en-moi sont brutales. Il y a des phrases déchirées, bossues, des vers hachurés qu'on pourrait croire "passés à tabac". Remise en cause comme une remise en forme, décharge de besoin, évidences, doutes. Je me rappelle les entractes au théatre, quand j'étais enfant. Dans les coulisses, je voyais les décors être changés derrière le lourd rideau bordeau, un jardin devenait une chambre, un bistrot se tranformait en bureau, ça grouillait tout autour, en chuchotant, contraste presque irréel, comme dans ma tête maintenant. J'essaie de canaliser tout cela, parce-que c'est fort, c'est puissant...

Désolé, je dois paraître confus, et c'est normal, ce sont des bribes de l'introspection qui m'agite et qui chauffe à feu fou ce qui bientôt deviendra écrit, deviendra poésie.

 

"Lorsque les certitudes s'étirent dans les décors successifs, qu'elles sphérisent les éclats de peaux à toutes les courbes de temps, quand rien ne se décide à les apaiser, encore moins à les livrer à la horde des illusions ou au mouroir des évidences, puisque de clairs à obscurs,  l'envie, les rythmes, se mélangent souplement, il est l'heure, rare et précieuse, de s'offrir, de s'accepter trouvé."

12:28 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

22.06.2009

Faire vivre mes recueils


J'arrive au bout de ma quête pour trouver un éditeur. La liste des refus est presque pleine, celle de cex qui ne m'ont pas répondu ne contient plus que 2 noms. J'ai écumé les adresses, les recommendations, et je dois me rendre à l'évidence, c'est comme qui dirait fichu!


Depuis quelques jours, je me suis posé la question de la "survie" de mes 2 recueils.

J'ai été recherché le mail de cet éditeur qui me proposait de publier à compte d'auteur déguisé en accord win-win! J'ai été sur lulu.com et publibook pour voir ce qu'étaient les conditions de l'auto-édition.
J'ai même recherché des coordonnées d'imprimeurs afin de voir si je ne pouvais pas négocier des impressions en petites quantités.

L'un dans l'autre, les seules options envisageables pour que mes poèmes reposent dans un livre sont coûteuses et dénuées de la moindre intention artistique de la part des sympathiques mais vénaux prestataires de ce type de service éditorial, si on peut encore parler d'édition, d'ailleurs.

Ensuite, je me suis rappelé des quelques lectures publiques dont avaient fait l'objet certains de mes poèmes, de la bonne impression que ça m'avait procuré,  et j'ai réfléchi à l'idée de les transformer en fichiers audios. Je sais qu'il existe un éditeur spécialisé dans ce type de format, mais hélas il ne semble pas s'intéresser à la poésie.

Au bout de ses réflexions, je suis un peu démoralisé sauf qu'il me reste une option et que je commence à l'envisager. Un site propose un principe d'auto-édition et d'impression à la commande. Bien sûr, il n'y aura aucune distribution dans les librairies, et les livres ne seront disponibles que par commande en ligne. Mais il n'est demandé aucune "avance" pécunière, je resterais maître du contenu, du format et de mes droits d'auteurs.

Pourquoi cet acharnement à être édité?

OK, d'accord! C'est l'autre question, celle du côté obscur de la farce maudite.

J'en ai déjà parlé, je ne suis pas raisonnable dans mon explication. J'ai besoin de faire vivre ma poésie aux yeux de l'autre. Un peu comme : "Excusez-moi, on peut se procurer votre recueil? On peut vous lire? Oui, c'est possible! °"
Il y a également la part d'orgueil: en espérant qu'un éditeur accepte de me publier, je sais qu'il y a un autre besoin: celui d'être reconnu par "le monde littéraire". Très banal, fnalement, comme un cliché d'une revanche à prendre....


Alors voilà, je me suis donné encore quelques jours de réflexion avant de me décider... La suite au prochain épisode.

 

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20.06.2009

Les flux lourds et l'inhumain

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Je ne parviens pas à saisir et retranscrire ce sentiment qui s'impose lorsque porté par les courants forts des émotions, je trouve en l'altitude de la nature et des éléments une hypothétique manière de ne pas avoir peur, de railler la bête mercuriale qui obscurcit comme elle alourdit mon humeur.

Ces derniers jours, le ciel m'a beaucoup accompagné, le ciel de fin de jour, plein et ample, strié de rouges et de gris sauvages. Je le regarde et je ressens la possibilité de me détacher des pesanteurs. Non pas comme une lévitation, ou comme un trip méditatif quelconque, plutôt comme un après prometteur. Ce ciel me donne l'impression que je pourrais être démuni et dénué de tout, il resterait des possibles. C'est absurde et naïf, et c'est en cela que je ne parviens pas à définir la substance de ce sentiment.

Il y a des mots qui se chevauchent, promesse, avenir, guérison, possible, vaste, ailleurs et cela ressemble à un voyageur nanti qui peut fuir sans lâcheté ou partir sans regret, à une récolte de rêves inconnus, ce sentiment imite ce que pourrait ressentir un homme arrivant épuisé dans un champs de fruits insoupçonnés, inimaginés et réalisant que c'est la métaphore du monde et du temps qui lui reste à vivre.

Lorsque je suis debout, face à ce parc aux allées droites et longues qui plongent vers un étang caché, par tous les temps, il y a toujours une majesté qui me donne ce même sentiment. Et si tout merde, si tout fout le camp, il me restera le choix de prendre à pied ou en pensée la route du regard plongé loin en avant, ce regard qui toujours s'emporte dans les rafales ou les brises, désarrimé des règles.

Tout ce qui nous permet de toucher le sol, de s'y pencher pour ramasser l'or, pour trébucher et tomber, pour sentir la lumière passer en nous depuis le ciel et jusqu'à lui, ce sont les autres. EXISTER! Mais ce qui nous offre de nous en détacher quand ces foudres deviennent chiennes, quand le flux qui nous transperce est si lourd qu'il tire nos traits d'âme et de face vers des gouffres sombres, vers l'en-bas, c'est l'inhumain animé des éléments assaillant les sens qui nous ramène auX là-bas...


Ce sentiment ressemble à l'Enfin, sans doute. Ce sentiment me maintient sur le fil entre le sol et le ciel...

 

 

 

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