29.08.2010

Urgent: Vivre!

Brice Depasse m’avait demandé il y a quelque mois d'écrire un texte  pour ‘Urgent : Vivre’

Quand j’ai découvert la démarche derrière ces deux mots, j’ai été intrigué. J’ai alors posé des yeux lents et curieux sur ces œuvres, promenant mes pensées dans l’imaginaire réel-isé de ces 21 artistes. Et j’ai été aspiré, emporté par l’urgence…

Urgent: Vivre
Oui, il y a comme une évidence qui saute aux yeux. C’est presque un pléonasme, aussi. Cette vie que nous nous accordons si souvent à qualifier de trop courte, le fameux Carpe Diem faisant écho à ce constat, bien sûr qu’il est urgent de ne pas en manquer une facette, un choix, un instant !
Mais est-ce tout?
Quand la vie se perd dans les ombres de l’angoisse, dans les courants trop vifs d’un monde inquiétant, quand elle s’échoue en solitude ou dans la tristesse d’un exil, n’a-t’elle pas d’autre sens, cette « Urgence» ?
Ne serait-ce pas ce Feu sacré qu’on invoque, qu’on bouscule, qu’on oublie puis qu’on rappelle à son destin, à l’essence même de sa lumière … Et qui nous révèle l’or sous la roche ?

Je reconnais l’urgence à l’odeur Ciel qu’elle pleut
sur mes pensées d’ailleurs et mes envies enfouies
lorsqu’elle me traverse d’un besoin impérieux
celui qui donne forme à mon monde et mes cris

Elle est cette impulsion qui me vit hors de moi
qui dessine ma force, me la montre du doigt
dans ces élans secrets qui ressemblent à la chute
mais qui sont les reflets d’intimes altitudes

Je reconnais sa trace quand mes pas la remplacent
dans mes yeux, sous mes mains, en mots qui se font gestes
quand ils dansent en couleurs, en traits qui me délestent
repeignant le silence en effaçant ses traces…

Faut-il se demander : Pourquoi cette Urgence?
Quand elle nous évade sur les passerelles qui mènent au regard des autres…Quand on découvre que nos sens libérés sont prêts à s’offrir sans nous perdre pour autant…Quand, emporté par ses ailes, on se reconnait vivant… Un pourquoi a-t-il la moindre importance ?
Non. D’évidence, sa raison d’être réside dans ce qu’elle nous insuffle : Créer, inventer, partager, devenir et par la même venir aux autres et revenir au monde.

Et soudain, ‘Urgent : Vivre’ nous offre tout son sens.

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Plus d'information:

-Le Blog de Wado sur l'exposition

-La page Facebook de l'exposition

13:03 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note |  Facebook

26.06.2010

Sans fuir

J'ai parfois le sentiment très clair que je sais où réside l'apaisement, où se trouve le milieu, dans un abandon de la course et des règles, hors jeu. Là où moins est la clé et la récompense des perdus...

 

Une augure à l'arrière de la gorge
éclaireur d’un cri encore en forge
que l'on enfume comme un présage,
qui brûle, ahurissant la perdition
que je recrache comme un partage
en courtisant gauchement la distraction

C’est une voie en sens aigus
qui s’éclaircit et insinue :
Ressembler au vent quotidien,
cet air anodin qui ne trouble rien,
être les cloisons du temps qui,
en se dissipant, se mue en passage

Fondre sous les projecteurs de l’oubli
qui  aveuglent le reflet et l’image
pour enfin trouver la force et le droit
au vrai milieu de mille parts,
de s’accepter vain, soumis au hasard,
traînant sans raison ou cent choix.

Et de soupirs reconstruire un sourire
puis un jour, puis sans fin, sans fuir…

15:04 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

16.06.2010

Quand Jacques Roubaud parle de la poésie, je me sens moins seul!

Le monde diplomatique - Janvier 2010

Un art qui résiste à sa dénaturation

Obstination de la poésie

La poésie est un genre que l’on s’évertue à voir là où il n’est pas — dans un coucher de soleil, dans le slam, dans les convulsions scéniques d’un artiste — et à ne pas voir là où il se trouve : dans un tête-à-tête du poète avec la langue. Son insignifiance économique la condamne à l’obscurité ; pourtant, les recueils, les revues, les sites qui lui sont dédiés continuent de fleurir. Et réservent de belles découvertes à ceux qui prennent la peine d’y accoutumer leur œil et leur oreille.

Par Jacques Roubaud

Constat

Le siècle présent (le XXIe) maintenant fermement installé, la poésie continue à perdre du terrain dans les journaux : Le Monde des livres peut laisser passer une année entière sans rendre compte d’un seul livre nouveau de poésie française contemporaine ; les librairies, dont la majorité n’a même plus de rayon consacré à ce genre d’ouvrages, et la télévision (mais cela allait déjà de soi au siècle précédent) ne s’y intéressent pas. Une sorte de gêne empêchait jusqu’à récemment les autorités culturelles de tirer les conséquences de ce fait de société. Mais elles s’y sont finalement laissé aller, sans peut-être s’en rendre compte.

Deux exemples : le Mexique étant invité au dernier Salon du livre de Paris, une série d’écrivains furent reçus. Pas un seul poète n’était présent. Pas un non plus parmi les auteurs envoyés au printemps aux Etats-Unis pour représenter la littérature française d’aujourd’hui. On remarquera aussi que le jury du prix Nobel, ayant décidé de couronner, en 2008, un écrivain français, a choisi un romancier (1) (c’est un choix tout à fait honorable), mais a ignoré le plus important des poètes français vivants, Yves Bonnefoy.

Cette situation a pour conséquence, ou est une conséquence de, la quasi-inexistence économique de la poésie — en tout cas de celle qui se compose en ce moment. La poésie ne se vend pas, donc la poésie n’a plus d’importance. La poésie n’a plus d’importance, donc ne se vend pas. Certes, ce genre littéraire n’est pas seul à voir s’affaiblir ses « parts de marché » sur la scène culturelle contemporaine. Le roman, la littérature en général, le livre même sont affectés. Mais dans le cas de la poésie, on a affaire à une forme extrême de cet effacement.

A qui la faute ?

La responsabilité de cet état de choses est imputée, depuis près d’un siècle, avec une touchante obstination, aux poètes eux-mêmes. Toute une panoplie d’accusations est toujours déployée pour expliquer et justifier la désaffection commerciale : les poètes contemporains sont difficiles ; ils sont élitistes ; cette activité est ringarde et passéiste. Les poètes sont narcissiques ; ils ne rendent pas compte de ce qui se passe réellement dans le monde ; ils n’interviennent pas pour libérer des otages, pour lutter contre le terrorisme ; ils ne résorbent pas la fracture sociale ; ils ne font rien pour sauver la planète. Ils ne parlent pas la langue de tout le monde et cetera. Voilà pourquoi on ne les lit pas. Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

Il n’est guère utile de commenter ces accusations. Disons seulement ceci : qui s’intéresse à la poésie, aime et connaît Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, Eluard, Aragon, Char et Michaux, par exemple, mais trouve les poètes de son temps difficiles, ne les lit pas, ne comprend pas pourquoi ils, elles écrivent d’une manière qui lui paraît incompréhensible, se trouve dans la même situation que celui qui, affligé d’une maladie grave, obligé de garder le lit un mois, trouve, convalescent, une difficulté très grande à marcher et même à se tenir debout. La situation du lecteur de poésie qui a cessé d’en lire est semblable : moins on lit, moins on lit, et ce que, par hasard, on tente alors de lire semble impénétrable.

Le vers international libre

La situation qui vient d’être décrite n’a pas été sans effet sur les poètes eux-mêmes. Et de plusieurs manières, que je ne chercherai pas à déduire les unes des autres. La première action de la « chute de poésie » a été de précipiter une évolution formelle, en cours depuis longtemps. Il y a eu le vers libre standard des surréalistes remplaçant le vers compté-rimé traditionnel, sa démolition par l’avant-garde des années 1960 (Denis Roche) et la conversion assez répandue au vers international libre (lire « Ni compté ni rimé »), importé, comme tant d’autres produits, des Etats-Unis : le VIL est un vers ; il n’est ni compté ni rimé, et plus généralement ignore les caractéristiques d’une tradition poétique dans une langue donnée ; il « va à la ligne » en évitant les ruptures syntaxiques trop fortes. On peut faire du VIL dans quasiment toutes les langues. Quel avantage ? On évite sans trop de difficultés les terribles « droits de douane de la traduction », qui découragent les éditeurs, et les traducteurs ; et on échappe à un enfermement dans les « frontières du dialecte », redoutable à l’heure de la mondialisation.

Le VIL est encore très présent sur la scène poétique mondiale, dans tout festival international, anthologie ou revue. Ses exigences formelles sont assez faibles. Et ce fait entraîne un glissement de plus en plus sensible vers une phase (ultime ?) de l’évolution formelle : celle où le vers lui-même n’est plus considéré comme nécessaire. Il avait déjà tendance, dans les années 1990 du siècle défunt, je l’ai constaté souvent, à disparaître, à la lecture, dans la diction d’un grand nombre de poètes, qui lisaient leurs poèmes comme de la prose, de la prose ornée rhétoriquement par la voix, car il faut bien faire voir qu’il s’agit de poésie. Dans ces conditions, pourquoi ne pas composer tout simplement de la prose ? La poésie, et c’est spécialement sensible chez les poètes les plus avancés de France ou des Etats-Unis, se fait alors par petites proses courtes, mais non visiblement narratives : l’absence d’une trame narrative nette est alors le marqueur unique de l’appartenance au genre poésie.

Peut-on encore se dire poète ?

Mais pourquoi, dans ces conditions, maintenir l’affirmation d’appartenir à la catégorie « poète » ? Les réponses sont souvent contradictoires et ambiguës. La faiblesse de la poésie dans le champ économique entraîne — c’est là une conséquence naturelle du type de société dans laquelle un poète, comme les autres, vit — un mépris plus ou moins affiché de ce monde à l’égard de ceux qui osent revendiquer ce nom. La poésie ne s’attaque pas beaucoup aux événements peu plaisants qui se produisent partout (ce n’est pas, d’ailleurs, pour moi, son rôle). Mais si par hasard elle s’avise de le faire, on lui répondra, à la manière dont Staline aurait répondu à quelqu’un qui lui parlait de l’opposition du pape à sa politique : « Le Vatican, combien de divisions ? » Pour le monde, et pour la « quatrième page des journaux », être poète n’est, au fond, strictement rien.

D’ailleurs, dira-t-on, la poésie, chose noble, n’est plus du tout ce que font les poètes. Ils ne la méritent plus. La poésie est ailleurs : dans la chanson, dans le coucher de soleil, dans le roman, etc. Car la poésie, pour le monde, n’est plus concevable que si on la trouve là où elle n’est pas. C’est ce qu’on peut nommer, en détournant une expression de Yannick Liron, l’effet fantôme. La poésie est morte pour toutes fins pratiques, mais son aura demeure. Elle peut (sous une forme quelconque, mais la moins reconnaissable possible dans la poésie des poètes) servir, par exemple, à la « culture d’entreprise ».

Il n’est pas surprenant que, pour beaucoup, le fait de s’avouer poète de nos jours ait quelque chose de ridicule, de honteux même. Les effets de décomposition formelle mentionnés plus haut se conjuguent alors avec le sentiment d’inadéquation au monde, et un désir légitime de reconnaissance sociale, pour amener un grand nombre de poètes à ne pas présenter leurs livres comme poésie, à nier qu’ils sont de la poésie ; ce qui n’empêche pas les mêmes, ou leurs éditeurs, de présenter des demandes de subvention au Centre national des lettres, devant la commission « poésie ».

Et puis, et puis, inévitablement, d’excellents poètes, découragés de l’absence d’écho qu’ils rencontrent (pas de ventes, une attente d’un, deux ans pour voir leurs livres publiés autrement que dans de toutes petites maisons d’édition, ou à compte d’auteur, le silence assuré de la presse, etc.), passent à d’autres activités : au roman, au théâtre, au cinéma ou à l’opéra.

Produits de substitution

La poésie étant mondainement inutile, c’est-à-dire invendable, passée, dépassée, activité langagière démodée, genre littéraire moribond, bien des bons esprits ont pensé qu’il ne serait pas mauvais qu’elle disparaisse. Et que sa place soit réservée désormais à un produit de substitution neuf, libéré du carcan du passé littéraire, « absolument moderne » en somme. C’est ce à quoi s’était employée autrefois l’avant-garde autoproclamée, instaurant à sa place le TEXTE. Le « texte » a disparu, en apparence sans laisser de traces, mais on a pu remarquer une résurgence récente, sous la forme du document poétique.

Le « document », dans ce bi-mot définitoire, est une forme nouvelle du « texte », revendiquant pour lui un statut sérieux, moins métaphysique en apparence que son prédécesseur, scientifique presque. Mais, moins radicaux que leurs ancêtres des années 1960, les fondateurs de ce nouveau genre littéraire l’ont affublé de l’adjectif « poétique ». Ils ont tenté de justifier l’emploi de cet adjectif qui, pour tout le monde, évoque la poésie, telle qu’elle existe dans toutes les langues de l’Europe depuis plusieurs siècles, par un raisonnement étymologique. Jean Paulhan, dans un petit livre salubre, La Preuve par l’étymologie (2), a montré autrefois le caractère burlesque de ce type de raisonnement (dont certains philosophes abusent) ; il repose sur une hypothèse fort peu vraisemblable : que le sens d’un terme évolue en cours de siècle de manière strictement parallèle à la substance linguistique qui le constituait à l’origine. Dans le cas du « document poétique », l’adjectif, interprété étymologiquement, est destiné à faire bénéficier le « document » de l’effet fantôme qu’a le mot « poésie ».

Sur la Toile

Il semblerait découler de ce qui précède que les jours de la poésie sont comptés. Pourtant, dans la masse de ceux qui ne sont plus, ou presque plus, des lecteurs de poésie, et qui sont même de moins en moins des lecteurs tout court, l’attrait de la poésie n’a pas disparu. On peut parler, en transposant le titre d’un livre de Paul Fournel (Besoin de vélo (3)), d’un « besoin de poésie ». Les progrès techniques, permettant les publications peu coûteuses, et surtout le développement exponentiel du Net, avec la multiplication des sites et des blogs, favorisent l’expression de ce besoin. La nature même de la poésie, qui se fait dans les poèmes, généralement de dimensions modestes, lui permet d’être beaucoup plus accessible sur écran que le roman, par exemple (qui a déjà lu A la recherche du temps perdu sur son écran d’ordinateur ?). Je ne préjugerai pas de l’avenir de l’e-book, qu’on nous promet régulièrement depuis plusieurs années, mais qui n’a pas encore d’existence très assurée. Le « marché », ce personnage surpuissant qui règne dans le monde, lui prépare le terrain, par exemple, en commençant à vider les bibliothèques publiques de leurs livres (de plus en plus nombreux en vente sur le Net) ; mais on doit constater qu’on trouve beaucoup de poèmes sur la Toile, et que la poésie, de ce fait, atteint plus de lecteurs que ne le fait le livre, puisqu’il ne se vend guère.

Simultanément, les lectures de poésie, les rencontres spéciales se sont multipliées, et les auditoires y sont souvent de dimensions respectables. L’économie, cependant, encore une fois, joue un rôle dans ce phénomène : bien des municipalités ont découvert qu’il était beaucoup moins coûteux d’inviter un ou deux poètes qu’un chanteur, un orchestre ou un ballet. C’est dans ce contexte que le « besoin de poésie » a trouvé un mode d’expression original : le slam.

Slam

Le « besoin de vélo » s’exprime mieux en montant sur un vélocipède qu’en regardant le Tour de France à la télévision. Le succès, à Paris, des Vélib’ le montre. De la même manière, le besoin de musique trouve un débouché dans le karaoké et l’assistance à des concerts, mais est sans doute mieux satisfait par la participation active à une chorale ou à un groupe de rock. L’invention du slam, initialement au moins, reposait sur un postulat explicite : tout le monde est virtuellement poète. Tout le monde, donc, peut « faire poète ». Le slam, dit-on, est un « art d’expression populaire oral, déclamatoire, qui se pratique dans des lieux publics comme les bars ou lieux associatifs, sous forme de rencontres et de joutes oratoires ».

J’extrais ceci d’une présentation du slam : « Le mot “slam” désigne en argot américain “la claque”, “l’impact”, terme emprunté à l’expression to slam a door qui signifie littéralement “claquer une porte”. Dans le cadre de la poésie orale et publique, il s’agit d’attraper l’auditeur par le col et de le “claquer” avec les mots, les images, pour le secouer, l’émouvoir. Une autre explication du terme est donnée par l’initiateur du mouvement, Mark Smith, lors de son intervention en 2005 au Grand Slam national de Nantes : il explique avoir choisi ce terme pour son sens sportif et ludique de “chelem” (tennis, basket, bridge, etc.). »

Plusieurs caractéristiques du slam, tel qu’il se pratique en France, sont à signaler :

— Il est oral.

— Il n’a pas, a priori, d’intention artistique — preuve, selon ses initiateurs, de son caractère « démocratique » : Smith avait pour but de « mettre à mal la notion de qualité dans la poésie : quelques personnes, membres d’un jury arbitraire, exprimaient leur goût subjectif ». Les exemples abondants qu’on peut consulter, lire et écouter sur le Net montrent qu’en effet la production slamiste est généralement d’une indigence spectaculaire. (Ceci ne veut pas dire qu’il ne pourrait pas être produit ainsi de la poésie, au sens usuel du terme.)

— En principe, le slam est un art d’improvisation. Il renouerait donc avec la poésie traditionnelle populaire.

— Il est censé faire renaître « un vieux genre littéraire du Moyen Age : la tenson (la tençon occitane des troubadours), au cours de laquelle deux poètes se lancent dans une joute oratoire qui les oppose sur un sujet fixé à l’avance ».

Cette généalogie prestigieuse repose sur un contresens : la tenson des troubadours était infiniment savante et supposait un public capable de l’apprécier. Il en est de même de la poésie traditionnelle improvisée, qui s’appuyait sur de très anciennes pratiques, utilisant des formes complexes et contraintes. Il est impossible d’approcher de tels modèles, dans l’état d’ignorance générale de la poésie qui s’est faite et se fait. C’est pourquoi on ne trouve, dans la production « slamiste », que des débris de poésie classique privés de leurs conditions d’existence, mètres et rythme. La rime est sortie de son long sommeil, mais tombée à l’état minimal où elle règne dans les compositions de l’école primaire. On décèle des souvenirs scolaires déliquescents, et surtout, surtout, l’expression des sentiments les plus plats, des émotions indiscernables de celles qu’offre le soap opera. Remarquons que cet aspect « sémantique » du slam le fait apparaître comme détournement et dégénérescence du rap, qui ne se revendique pas comme poésie. Ainsi, autrefois, le rock est né d’un détournement du blues.

Le vroum-vroum

Le slam, sans doute, ne présente pas un danger très grand pour un exercice moins élémentaire de la poésie. Il n’en est pas de même pour le phénomène que je baptise ici « vroum-vroum ». Il s’agit de l’envahissement du champ de la poésie par ce qui a été nommé « poésie de performance » et qui, en étroite collaboration avec les « acteurs culturels » publics ou privés, pris d’une passion dévorante pour le « spectacle vivant », tend à devenir le mode privilégié d’existence de la poésie, excluant l’écrit au profit de l’oralité. On voit ainsi de plus en plus dans les manifestations se déclarant « poétiques », festivals internationaux de poésie par exemple, des « poètes » dont l’activité présentée au public comme poésie consiste à rouler en bas d’un escalier, à déchirer un gros annuaire téléphonique sur scène, à produire, électroniquement aidés, des séquences sonores inouïes et admirables, n’incluant pas un seul mot. Quand la langue est mise à contribution, dans un très grand nombre de cas le dépôt sur la page produit un texte médiocre, comme il arrive à bien des chansons, pop, rock ou pas, si on les prive de musique.

Toutes ces productions sont honorables, parfois impressionnantes, parfois, rarement (ce qui n’a rien de surprenant), d’une très grande qualité artistique, mais pourquoi les baptiser « poésie » ? Pourquoi ne pas les nommer musique, gymnastique, air d’opéra, numéro de cirque, sketch, chanson, ballet, strip-tease ? Une des œuvres réclamées comme emblématiques par les adeptes du vroum-voum, l’ Ursonate de Kurt Schwitters, s’annonce précisément comme musique et non comme poème. On peut formuler l’hypothèse suivante : c’est assurément la quasi-inexistence de la poésie dans le réel économique qui permet cette dérive dérisoire. Un « poète » de ce type, qui ne présente que des sons, n’a rien à craindre de la concurrence féroce qu’il rencontrerait s’il voulait s’imposer dans le champ musical.

Lire et dire

Je ne suis pas prophète et je ne sais si le vroum-vroum deviendra ou non l’unique forme reconnue de la poésie. Sans aller jusqu’à cet état extrême, il me semble qu’il y a un risque (c’est pour moi un risque) de voir s’établir une domination écrasante de la dimension orale de la poésie, au détriment du livre et même de l’écran. Ce serait une amputation et une régression. Or il y a aujourd’hui en France, comme il y en a toujours eu, de la poésie ; de la très bonne poésie. Difficile ou pas ; qui parle de tout, de vous, de rien ; qui invente, qui renouvelle, qui surprend, qui enchante. On la trouve dans des livres, dans des revues, dans des enregistrements sonores, des vidéos. On la trouve dans les librairies (il y en a) qui n’ont pas renoncé à la présenter, la soutenir, la vendre. Lisez-la, copiez-la, apprenez-la, comme on le faisait autrefois.

Ce que je viens d’écrire est pour défendre le point de vue suivant : que la poésie a lieu dans une langue, se fait avec des mots ; sans mots pas de poésie ; qu’un poème doit être un objet artistique de langue à quatre dimensions, c’est-à-dire être composé à la fois pour une page, pour une voix, pour une oreille, et pour une vision intérieure. La poésie doit se lire et dire.

Jacques Roubaud.

13:51 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

11.04.2010

Sans fuir

...
Fondre sous les projecteurs d'un oubli
qui effacent le reflet et l’image
pour trouver la force et le droit
au vrai milieu de mille parts
de s’accepter vain, soumis au hasard,
traînant sans raison ou cent choix.
 
Et de soupirs reconstruire un sourire
puis un jour, puit sans fin, sans fuir…

15:16 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

28.03.2010

Face à une vérité

Parfois, je suis persuadé que ce que je crée est authentique, que ce que j'écris est le fruit généreux de la spontanéité de mes sens et que j'en ai fait quelque chose de vivant fort et grand au-delà de sa première réalité .

Parfois, je comprends que la poésie n'est telle qu'un objet (d'art) derrière une vitrine de curiosités, elle n'est 'existée' que par de sincères politesses bien intentionnées et par la trace de quelques yeux qui s'y sont attardés.

Incarcérée dans une illusion rêvée d'évasion vers les autres, elle demeure en fait un ornement improbable… même plus ostentatoire.

Peut-être qu'il faut sans cesse revenir à la création, retourner à elle, et ne nourrir que la prétention de vouloir en être heureux pour soi et par soi.

Peut-être que d'arriver à ne plus vouloir la partager,d'arriver à se désaccoutumer du besoin de la faire devenir à l'extérieur, est la clé pour qu'elle ne s'abime plus ....


15:29 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

25.02.2010

Ne plus écrire donc ne plus être entier

 

C'est la réflexion la plus évidente qui soit pour moi. Voilà quelques mois que je vis sans écrire, et que je sens ne plus être complet. Il me manque cette part  qui me définit à mes propres yeux. Elle me manque....

Pourtant je vis, je suis, je respire, j'aime, je ris, je pleure, je souffre, je mange et j'existe mais comme amputé d'une flamme qui me rend  juste, justifié, possible et fort.

Il y aura toujours ce monde de travers, mon monde, il s'est trop étouffé sous les jours qui s'accumulent lourds de manque de mots..... Il y a ce monde, juste ici, et je souris.

19:46 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook

15.11.2009

"Ce qui fu{i}t" présenté dans Livre de bord

 

Nicky Depasse présente mon recueil dans l'émission "Livre de Bord".

Cette émission littéraire  qui passe sur Liberty TV est présentée par Brice et Nicky Depasse et propose chaque semaine un éventail des sorties littéraires et de leurs coups de coeur. Elle est multidiffusée 15 fois sur Liberty et dans les bouquets sat et TNT.

Le passage concernant mon recueil se situe aux alentours de la 12ème minute...

 

 

Merci Nicky, merci Brice!

13:58 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

14.11.2009

Une étreinte dans la gorge

 

Celle de l'envie qui n'a que le cri pour exister, celle d'un instant différent qui envahit et dont je sais qu'il restera en moi, celle de ce matin clair baigné de cru.

Cette étreinte est amnésique, elle ne sait pas d'où elle provient ni qui elle est. Elle porte autant de voiles et reflète plus de nuances colorées qu'elle en est raisonnablement capable.

Cette étreinte est schizophrénique, elle m'étrangle angoissée et du même élan elle me serre dans ses bras apaisante, émotion étrange qui ne me délaisse pas, trop aimante.

Anaïs avait déjà envisagé dans une chanson que "c'est peut-être une angine"! Mais non, je vais physiquement bien, j'ai peu fumé, je me sens éveillé et le métabolisme est fluide.Une jolie collection de vitamines passe par cette gorge chaque matin!

C'est une étreinte profondément émotionnelle, qui me dit "prends garde, rassure-toi, courage, c'est là, vas-y, ne t'inquiète pas, c'est trop tard, attention, souviens-toi, respire, ne recommence pas, plonge, essaie, oublie, Tant pis, tu devrais avoir peur, c'est magique, regarde, fais gaffe,  tu es aveugle, accepte!"

Des mots, encore et toujours des concepts que la réalité n'accepte qu'au compte-goutte, des pensées et leur ribambelle de possibles armés d'aiguillons qui harcèlent, des abstractions qui squattent mon cerveau à défaut de n'avoir pas les codes pour se matérialiser ou simplement s'agripper assez fermement dans l'hostilité ou la passivité du dehors. Des espoirs et des hantises qui s'estomperont de toute manière, qui épouseront le consensus lorsqu'ils copuleront avec l'air et le temps du réel.

Une étreinte dans la gorge, et un compte à rebours, l'ici naît de là-bas....

Finalement, ce serait bien, si c'était une angine!

13:02 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

02.11.2009

Mon recueil chroniqué dans "Lire est un plaisir"!

 

Aujourd'hui, j'ai eu le plaisir de découvrir une chronique de Brice Depasse concernant mon recueil publié sur Lire est un plaisir, la revue de chroniques littéraires en ligne.

Un article qui me touche... Merci Brice!

http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/post/7408433/ces-i...

 

14:33 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

26.10.2009

Découvrons ensemble

... les mystères et les secrets de l'auto-édition.

Aujourd'hui:  en recevant une réponse à une lettre de présentation de mon recueil (envoyée à quelques journalistes), voici comment j'apprends que pour certains médias dédiés à la littérature, il y a des lois et des règles sans équivoque.

Ainsi, concernant le livre auto-édité ->

Règle d'or sine qua non et orbi mutatis mutandis de la loi de sa mère la très vénérée vérité, si tu y touches et lui manques de respect, tu t'enfonces gravement dans le monde du problème: 

Un livre auto-édité n'est pas un vrai livre. Il ne sera ni accepté, ni lu, ni pris en considération pour une revue ou une critique.

Woaw! Ca fait plaisir, non?
Si j'ai bien compris donc, en l'absence d'un nom d'éditeur sur mon recueil, son contenu n'est pas de la littérature, et le livre lui-même n'est qu'un assemblage de feuilles de papier plus ou moins bien attachées entre elles.

Un conseil: Si jamais vous tombez sur un de ces "bouquins" qui ne mentionne pas d'éditeur sur la couverture, méfiez-vous! C'est peut-être un faux livre avec des mots de contrefaçon et de l'écriture qui trompe l'oeil...

10:07 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook

04.10.2009

Une raison de vouloir , encore

 

PArce-que dans chaque humain que je rencontre et qui de façon irrépressible voit  la vie comme un inextricable puzzle, j'arrive à oublier que je suis perdu dans la mienne.  Parce-que dans chacun d'eux, je me retrouve, comme j'étais ou comme je serai et je sais alors que ce simple constat porte en lui une part de lueur et de direction. Je réalise que j'ai la possibilité d'"être pleinement", peut-être le temps d'un échange ou d'une présence silencieuse ou alors le temps d'une violence extériorisée. Être à l'autre, passer le doigt entre les mailles serrées de l'abandon, du découragement qui étouffe et immobilise pour simplement toucher. Dans un geste, un cri, un sourire, une promesse d'un peu mieux, d'un peu plus. Dans une sincérité parfois dure ou simplement vraie comme un fouet, comme on donne un choc électrique, pour révéler, réveiller, empêcher de sombrer.

La vie n'est pas belle en soi, elle est pénible, elle est ennuyeuse, elle n'a pas le moindre sens. ET rechercher le bonheur, le plaisir, l'ivresse ou l'oubli ne sont souvent que des pansements qu'on pose sur ses vides qui s'écoulent en Nous. Je ne peux pas être quelqu'un d'autre, ni me substituer à lui, à elle, à eux, je peux seulement passer, à un moment, mon doigt entre ces mailles et les toucher avec un peu de MA vie, de la force de ma vie qui à l'instant où je lui trouve une raison d'être, sursaute et éjecte de la matière , de l'énergie.

La vie est globalement féroce, elle est globalement menaçante. Sans envie, elle est brutalement inerte, et chaque fois qu'on le réalise trop fort, trop consciemment, on se perd dans les amas de ses fils de fer gris, ne plus vouloir s'en extraire est évident,  ne plus croire que les fruits de la passion, le fruit de toutes les passions sont la seule arme pour en contrer l'inertie... ALors, une raison de vouloir, c'est sans aucun doute un autre qui doit nous la donner et par là même en trouver une pour lui-même. Je le ressens tel, aujourd'hui...

 

Parce-que si tout cela finit un jour par ne plus être que déception, que l'autre finit par ne plus me reconnaître comme son frère, que crèvent asséchés les gestes et les tentatives pour aller vers , alors je pourrais ne plus vouloir rien, refuser en bloc et en abandon complet, comme ces pulsions que je crains et qui me le font savoir,  parce que alors je pourrais simplement ne plus vivre que sans aucune raison, déraisonnablement, sans regret,  sans retour ni pardon!

16:06 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

19.09.2009

Libre en contraintes

 

Il y a ces détours qu'on ne prend pas, par fierté, par orgueil, la peur tirant sèchement l'envie en arrière. ET quand on se met à se gausser d'être un être libre, au tout du moins un soldat de la liberté, d'expression, de choix, de vivre, on ressemble plus encore à un pantin. Car les voies sont toujours balisées, les décisions mitigées, même les plus radicales. Il n'y a de choix que si on accepte de vivre seul et sans désir autre que d'être, sans besoin s'éloignant de la primitivité: subsister physiquement.

Dans la volonté d'écrire, je  pense qu'il existe une part de ce constat. On est seul, l'autre est une image, le monde est un référentiel concret mais secondaire dans sa réalité grouillante. Tous les choix sont dociles, ils se plient aux images, à la pulsion en chaleur qui aspire à être fertile.

C'est quand l'écrit devient et qu'il semble réclamer d'exister aux autres que la liberté s'estompe, qu'elle devient concessions et manières.  Je me suis auto-publié pour cette raison aussi. Mon recueil réclamant, me réclamant cette existence là. Il est donc vivant et dans le monde, depuis maintenant 3 semaines. Dans la foulée, j'ai ré-édité "Méandres dominants". J'en ai reçu les premiers exemplaires et je les trouve tous deux très beaux, vraiment tès beaux!! j'en suis immensément fier. cela va d'ailleurs au-delà de la fierté, pour moi c'est un symbole fondateur, essentiel, c'est MA vie, c'est ce pourquoi je suis en très grande partie.

Mais il se fait que dans ce processus d'édtion, la simple logique me dicte d'en faire la publicité, de signaler son existence, leur existence, et je me trouve confronté à ces faux-choix d'écrivain libre, à ces contraintes. Comment vendre, me vendre, les vendre? J'utilise ce verbe car il correspond à l'acte de "persuasion" et de "transaction" qui s'attache à faire vivre l'oeuvre à travers son support, le livre. ET je rencontre beaucoup de difficulté à ne pas voir entre liberté et vendre une sorte de mariage contre-nature. Pas que je ne veuille pas que mes livres soient acquis, mais réalisant que le simple fait de mettre mes recueils à la disposition de qui veut se les procurer (la liberté) n'a aucune chance d'être et de se propager sans que j'en fasse la promotion (vendre). Or, cette promotion exige que je démarche, que je signale, que je publicise à travers let net, mon cercle d'amis et de connaissances. Que je demande qu'on m'aide à répandre la bonne nouvelle! Ce faisant, j'ai l'impression de forcer la main car une seule annonce ne suffit pas, il faut émerger de la masse infinie d'information qui se déverse quotidiennement et donc il faut se remettre au-dessus de la pile des "nouvelles" du jour. J'ai peur d'être prétentieux ou quémandeur, se faisant. 

Satané orgueil, maudite image de soi toujours en analyse. Et sacrée hypocrisie aussi, car c'est ce que je veux, d'évidence, je veux que mes recueils soient et que cela se sache...

 

 

14:28 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

03.09.2009

Cadeaux et extraits

 

Voilà une semaine que mon recueil est publié. J'en suis fier, j'attends impatiemment les premiers exemplaires qui devraient arriver chez moi bientôt.

Depuis son "lancement", j'ai reçu quelques échos, des personnes inconnues, des proches aussi, qui m'ont fait partager leur ressenti. Simplement. Et à chaque fois, j'ai reçu un cadeau, le plus beau quand on écrit et offre ses mots aux yeux des autres. Car parvenir à toucher à travers le miroir, la distance, c'est de la vie qu'on insuffle à mes poèmes, à mon recueil.


Pour ceux d'entre vous qui passerez par ici, voici un petit livret électronique d'extraits, en espérant qu'ils vous toucheront, qu'ils seront partagés et ressentis....

 

 

23:05 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

28.08.2009

ISBN 978-2-9600906-0-4

 

Je disais donc il y a deux mois, je vais envisager une autre possibilité de faire vivre ma poésie.

Ainsi en est-il depuis hier. Mon recueil est enfin né. Et j'ai tout fait: l'insémination, la grossesse, les forceps et le cordon.

Je vous présente donc fièrement  ici .

Bon d'accord, il ne sera pas disponible en librairie, sauf futures démarches de dépôt-vente que je pourrais entamer bientôt dans mes librairies favorites.

Bon d'accord, il ne sera pas à la foire du Livre.

Bon d'accord, il n'est disponible que sur un seul site dans le catalogue en ligne.

Mais il existe. et j'en suis vraiment très heureux.

Regardez comme il est joli dans son format romantique, avec de l'azurite, des mots, des heures, des yeux dans le vague et des café-clopes d'existence insufflés en lui comme un souffle d'envie en ebullition....

Le livre Ce qui fu{i}t(comme un éclat d'extase)

 

 

 

 

 

 

14:21 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook

17.08.2009

Une misère

 

Le Roxi, un samedi début de soirée, la musique funky, un groupe de cinq jeunes nanas enjouées et insouciantes, deux tablées de couples et d'amis, des cocktails chers et colorés sur leurs tables. Et cet homme, seul à une petite table pour deux, un café posé devant lui, un paquet chiffonné de tabac bon marché et un emballage de spéculoos traînent devant ses yeux. Je le remarque assez vite, il n'est pas d'ici, il n'est pas de "ce monde-ci". Il se tient droit, il a gardé son veston boutonné. Une tache de graisse sur un des revers. Sous ce dernier, une chemise d'un autre âge, elle en a les marques: le col est large et plié, elle est vieillement grise et élimée. je le remarque car les manches de son veston sont trop courtes et il tient un journal devant lui. les manchettes apparentes laissent apparaître une crête plus claire, avec des bouts de fils et de tissus usés.

Il tient le journal devant lui mais ne le lit pas, il lève la tête toutes les dix-vingt secondes et regarde autour de lui, un air digne mais mal à l'aise dans le froncement de son front. Il n'est pas d'ici et il fait durer son "privilège" en ne touchant à son café que par infimes gorgées, lentes et dosées. Tout comme il rallume sa cigarette roulée avec parcimonie pour en avaler une ou deux bouffées avant de la remettre dans le cendrier.Je baisse les yeux et je vois ses chaussures, sous l'une d'elles, un morceau entier de la semelle est détachée et pend, infirme depuis longtemps d'après les bouts d'adhésif que je crois reconnaître . J'ai les larmes aux yeux. Je crois comprendre que cet homme s'offre le droit d'être ici dans un endroit prisé du quartier, se donne le droit de faire partie de la société et du monde alors qu'il n'existe pas pour elle. Je reste une demi-heure, trois quart d'heure, en face de lui, sans rien faire d'autre que de m'enfoncer dans une tristesse et une colère impuissante. Moi aussi je suis seul à une petite table, mais je n'ai pas à revendiquer le droit de faire partie de tout ça. Le Roxi et sa faune aisée. Je n'ai pas à faire semblant de lire un journal en ne tournant jamais de page pour me dire que j''ai une raison d'être là.

Que pouvais-je lui offrir? De la pitié? Son café? Un sourire? J'ai eu une occasion de le faire, de lui sourire, mais j'avais honte de l'observer, j'étais gêné d'avoir décortiquer son apparence et d'avoir sans doute compris sa raison d'être là. Quand nos regards se sont croisés, le mien s'est esquivé sans esquisser le moindre soleil de visage.  Juste après, j'ai pensé: lui est seul mais moi je suis égoiste.

J'ai payé mon verre de vin en laissant soixante centimes de pourboire, comme souvent.  Je suis parti abattu, malheureux et j'ai pleuré.Confronté à la misère d'un seul être, je hais la fatalité de la vie. Ingurgitant lâchement l'abjection du monde, je maudis l'absurdité de l'impuissance, la désespérance de l'humanité, la couardise d'en faire partie individuellement en faisant ce qu'il FAUT pour ne pas en être éjecté....

A_t-il été heureux de ce café au Roxi? Lui a-t-il rendu un peu d'existence parmi les autres? Est-ce qu'il est rentré chez lui après cela,  y pensant tout en marchant? Est-ce que quelqu'un lui a sourit?

22:44 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

21.07.2009

Les atermoiements des écrits en devenir

 

Planté devant mon écran depuis 3 jours, je dérive accroché à la patience. Un terme s'est fiché au sol
d'écriture et irrigue mes sous-terres, les caves où fermentent mes mots: "Poitrine ouverte".

Vivre poitrine ouverte, c'est un état qui ne demande aucun effort, seulement un choix, qui ne réclame aucune cure non plus.  Poitrine ouverte est comme un cri contenu, continu. Une vision éclairée par la clarté d'un besoin. Il y a comme une notion de sacrifice qui s'y accole, mais ce n'est pas un acte glauque et mortifère, ca ressemble plutôt à un présent trempé dans les lacs d'une certitude née et avenir, un présent qui devient meuble, façonnable, atteignable. c'est aussi l'élégance brute de la vulnérabilité...

Je ressens intuitivement l'inspiration qui s'y abandonne,  je visualise un reclus qui se libère de lui-même, prêt à abandonner les échos de sa seule respiration. L'image d'un corps qui se déplie et s'approprie son espace avec assurance ...

Poitrine ouverte résonne et multiplie les ondes qui partent des yeux pour se cogner aux désir ou qui inventent un nouvel alphabet pour la peau et l'esprit. Ce qui les touchent se traduit en décharges qui ont un sens précis dans une langue nouvelle.

Sans aucun doute, ce terme prend toutes les formes en moi, il englobe et repeint l'ensemble des choses qui m'entourent, pose des accents sur les émotions, en fait naître de nouvelles, et la tempête de mots qu'il soulève ressemble à une masse effrénée qui tournoie, s'emballe et hésite à prendre forme définitive, à prendre formeS définitiveS sur le blanc d'une feuille virtuelle qui porte déjà ce nom: Poitrine ouverte.

Les atermoiements de ces écrits en devenir m'enthousiasment, j'ai envie de l'instant où ils se laisseront fondre en pulsations que mes doigts reproduiront sur le clavier ou sur le papier...

 

12:50 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

18.07.2009

Les joies de l'introspection post-extasium

 

J'avoue que j'ai plus existé qu'écrit depuis quelques semaines! Exister... A l'ouest des rêves, au sud de l'attente, en décalage, calé pile poil dans la belle réalité des possibles.

Revenir ensuite à plus de solitude demande un effort de réadaptation, car les "teintes et les ondes" du vécu se bousculent en moi sans vouloir trouver de place. C'est comme si des instants précieux se façonnaient boules de flipper et se cognaient à mes pensées établies, aux "pris pour acquis" rangés dans mon cerveau.
Les premières tentatives pour retranscrire le flot de mots qui se bouscule pour sortir d'en-moi sont brutales. Il y a des phrases déchirées, bossues, des vers hachurés qu'on pourrait croire "passés à tabac". Remise en cause comme une remise en forme, décharge de besoin, évidences, doutes. Je me rappelle les entractes au théatre, quand j'étais enfant. Dans les coulisses, je voyais les décors être changés derrière le lourd rideau bordeau, un jardin devenait une chambre, un bistrot se tranformait en bureau, ça grouillait tout autour, en chuchotant, contraste presque irréel, comme dans ma tête maintenant. J'essaie de canaliser tout cela, parce-que c'est fort, c'est puissant...

Désolé, je dois paraître confus, et c'est normal, ce sont des bribes de l'introspection qui m'agite et qui chauffe à feu fou ce qui bientôt deviendra écrit, deviendra poésie.

 

"Lorsque les certitudes s'étirent dans les décors successifs, qu'elles sphérisent les éclats de peaux à toutes les courbes de temps, quand rien ne se décide à les apaiser, encore moins à les livrer à la horde des illusions ou au mouroir des évidences, puisque de clairs à obscurs,  l'envie, les rythmes, se mélangent souplement, il est l'heure, rare et précieuse, de s'offrir, de s'accepter trouvé."

12:28 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

22.06.2009

Faire vivre mes recueils


J'arrive au bout de ma quête pour trouver un éditeur. La liste des refus est presque pleine, celle de cex qui ne m'ont pas répondu ne contient plus que 2 noms. J'ai écumé les adresses, les recommendations, et je dois me rendre à l'évidence, c'est comme qui dirait fichu!


Depuis quelques jours, je me suis posé la question de la "survie" de mes 2 recueils.

J'ai été recherché le mail de cet éditeur qui me proposait de publier à compte d'auteur déguisé en accord win-win! J'ai été sur lulu.com et publibook pour voir ce qu'étaient les conditions de l'auto-édition.
J'ai même recherché des coordonnées d'imprimeurs afin de voir si je ne pouvais pas négocier des impressions en petites quantités.

L'un dans l'autre, les seules options envisageables pour que mes poèmes reposent dans un livre sont coûteuses et dénuées de la moindre intention artistique de la part des sympathiques mais vénaux prestataires de ce type de service éditorial, si on peut encore parler d'édition, d'ailleurs.

Ensuite, je me suis rappelé des quelques lectures publiques dont avaient fait l'objet certains de mes poèmes, de la bonne impression que ça m'avait procuré,  et j'ai réfléchi à l'idée de les transformer en fichiers audios. Je sais qu'il existe un éditeur spécialisé dans ce type de format, mais hélas il ne semble pas s'intéresser à la poésie.

Au bout de ses réflexions, je suis un peu démoralisé sauf qu'il me reste une option et que je commence à l'envisager. Un site propose un principe d'auto-édition et d'impression à la commande. Bien sûr, il n'y aura aucune distribution dans les librairies, et les livres ne seront disponibles que par commande en ligne. Mais il n'est demandé aucune "avance" pécunière, je resterais maître du contenu, du format et de mes droits d'auteurs.

Pourquoi cet acharnement à être édité?

OK, d'accord! C'est l'autre question, celle du côté obscur de la farce maudite.

J'en ai déjà parlé, je ne suis pas raisonnable dans mon explication. J'ai besoin de faire vivre ma poésie aux yeux de l'autre. Un peu comme : "Excusez-moi, on peut se procurer votre recueil? On peut vous lire? Oui, c'est possible! °"
Il y a également la part d'orgueil: en espérant qu'un éditeur accepte de me publier, je sais qu'il y a un autre besoin: celui d'être reconnu par "le monde littéraire". Très banal, fnalement, comme un cliché d'une revanche à prendre....


Alors voilà, je me suis donné encore quelques jours de réflexion avant de me décider... La suite au prochain épisode.

 

22:10 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |  Facebook

20.06.2009

Les flux lourds et l'inhumain

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Je ne parviens pas à saisir et retranscrire ce sentiment qui s'impose lorsque porté par les courants forts des émotions, je trouve en l'altitude de la nature et des éléments une hypothétique manière de ne pas avoir peur, de railler la bête mercuriale qui obscurcit comme elle alourdit mon humeur.

Ces derniers jours, le ciel m'a beaucoup accompagné, le ciel de fin de jour, plein et ample, strié de rouges et de gris sauvages. Je le regarde et je ressens la possibilité de me détacher des pesanteurs. Non pas comme une lévitation, ou comme un trip méditatif quelconque, plutôt comme un après prometteur. Ce ciel me donne l'impression que je pourrais être démuni et dénué de tout, il resterait des possibles. C'est absurde et naïf, et c'est en cela que je ne parviens pas à définir la substance de ce sentiment.

Il y a des mots qui se chevauchent, promesse, avenir, guérison, possible, vaste, ailleurs et cela ressemble à un voyageur nanti qui peut fuir sans lâcheté ou partir sans regret, à une récolte de rêves inconnus, ce sentiment imite ce que pourrait ressentir un homme arrivant épuisé dans un champs de fruits insoupçonnés, inimaginés et réalisant que c'est la métaphore du monde et du temps qui lui reste à vivre.

Lorsque je suis debout, face à ce parc aux allées droites et longues qui plongent vers un étang caché, par tous les temps, il y a toujours une majesté qui me donne ce même sentiment. Et si tout merde, si tout fout le camp, il me restera le choix de prendre à pied ou en pensée la route du regard plongé loin en avant, ce regard qui toujours s'emporte dans les rafales ou les brises, désarrimé des règles.

Tout ce qui nous permet de toucher le sol, de s'y pencher pour ramasser l'or, pour trébucher et tomber, pour sentir la lumière passer en nous depuis le ciel et jusqu'à lui, ce sont les autres. EXISTER! Mais ce qui nous offre de nous en détacher quand ces foudres deviennent chiennes, quand le flux qui nous transperce est si lourd qu'il tire nos traits d'âme et de face vers des gouffres sombres, vers l'en-bas, c'est l'inhumain animé des éléments assaillant les sens qui nous ramène auX là-bas...


Ce sentiment ressemble à l'Enfin, sans doute. Ce sentiment me maintient sur le fil entre le sol et le ciel...

 

 

 

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23.05.2009

Et puis un autre part et nous laisse sa trace

 

Un arrêt cardiaque et toute la complexité du jour, des lendemains, des acquis, tout n'est plus. Je le voyais tous les jours, discret, un sourire, une voix grave, un long corps élégant, un visage émacié et gentil. On échangeait quelques mots, en fumant, sur le perron, il avait des projets, une nouvelle maison, un voyage, la crainte d'un licenciement, la peinture? Un livre ou un film qu'il allait acheter?  Peut-être un barbecue ce week-end? Peut-être qu'il n'aspirait qu'à des choses simples, peut-être qu'il se contentait de se lever et de venir travailler 5 jours par semaine en attendant le jour où il aurait plus de temps pour lui?

Je ne lui ai pas assez parlé, parce-que je ne parle pas beaucoup, parce-que après 5ans, 10 ans, 15 ans à se cotoyer au quotidien, ça s'inscrit quelque part dans la case "absurde" ou pire dans la "normale" qu'on ne va pas se metter à sympathiser, que le temps écoulé a scellé un type de rapport. Même si on s'appréciait, juste comme ça, avec son clin d'oeil et son "Bonjour" grave et sonore.  Avec mon clin d'oeil et mon sourire. Clin d'oeil que je ne fais, spontanément, que pour les gens que je ressens non-agressifs, que je sens inoffensifs. Mais on en a pas parlé, je ne sais pas si le sien valait la même estime? Juste quelques mots, entre deux, trois, quatre minutes de clope sur un perron, entre 2 volées d'escalier, à travers les saisons et les luminosités.

Je suis fâché de ne pas lui avoir plus parlé... il était à peine plus âgé que moi. Il s'appelait Serge,

11:28 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

22.05.2009

Une aimie et son groupe: LouiZ

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Kathalyne Detry, gente damoiselle que j'aimitié depuis des années, sort son premier disque sur le label AKA Music avec son compère, Alessandro Perta.

Leur duo s'appelle LouiZ. Les textes sont décalés, cyniques et drôles. Kathalyne (qui est une divine déjantée de nature) a une envoûtante voix de velour grave, un miel sombre et fort, Elle en joue et la promène de la variété à l'intensité en passant par la douceur avec la facilité maîtrisée d'une grande diva.

Leur premier cd donc: il s'appelle Chromosome Z, 12 chansons, un panel coloré de leurs talents conjugués, un vrai plaisir d'écoute en boucle. Personnellement, j'adore "Jeu de deux", "O mal", et la version acoustique de "LouiZ". (vous pouvez écouter des extraits sur le site d'AKA ici)

Si vous voulez voir à quoi ressemble leur univers; je vous conseille de jeter un oeil amusé sur le clip d'annonce de la naissance du groupe.

 

 

Ils seront en concert gratuit ce samedi 23 à 22h30 au RECTO VERSO Lounge bar , chaussée de Louvain 226 à Bouge

LouiZ Powaaa, ma Kalyne!

09:24 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

16.05.2009

Est-ce vain?

 

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?

Je reviens de la manifestation pour la libération de Aung San Suu Kyi. Il y avait une petite centaine de personnes, au mieux.  3 chaînes de TV, une chanteuse, Karin Clercq, et 4 politiciens. La façade d'ambassade de Myanmar déserte, 4 policiers en faction, 1 petite heure de discours, de slogans, la symbolique d'une fleur jaune déposée au pied d'un portrait de Aung Sans Suu Kyi... J'ai eu l'impression que c'était vain, et ça m'a fait de la peine de me dire ces 2 choses:

1° Pourquoi n'y-a-t'il pas plus de mobilisation?

2° ET contre toutes les autres injustices, exactions perpétrées par des états brutaux, qu'est-ce que je fais?

J'ai imaginé que si je voulais participer à toutes les actions de protestations, je n'aurais pas assez d'un temps-plein et d'une vie pour presqu'aucun résultat. Vain? Je ne sais pas, je le crois, comme un combat trop immense, perdu d'avance. Mais je continuerai à faire ce que je peux, soutenir Amnesty, Greenpeace, Handicap International, MSF, croire que les Nations Unies devraient avoir un pouvoir supra-national incontestable...Ploc, ploc, ploc, ploc...Cause toujours...

Pour poursuivre un peu ce geste goutte d'eau, voici un lien pour signer une pétition en ligne demandant la libération de tous les prisonniers politiques en Birmanie. Un prénom, un nom, une adresse e-mail et un clique.

https://burmacampaignuk.wufoo.com/forms/free-burmas-polit...

Autre raison de me demander si c'est vain. J'ai reçu un nouveau refus d'une maison d'édition: Le comité de lecture n'a pas rendu un avis favorable.

Mon manuscrit m'a été renvoyé. Une fois encore, intact. Même pas ouvert, même pas feuilleté. Je le sais car j'envoie mes manuscrits perforés dans une chemise en plastique. Pour autant qu'il ait été lu, les pages seraient pliées à l'attache, les pages seraient marquées sur la tranche, non?  Un de mes cheveux glissé entre les pages y était encore (Moi, mesquin? Non je cherche à savoir).

Je respecte et j'accepte, plus ou moins, d'être refusé après lecture, même d'être refusé sans avoir été lu parce-que , comme me l'ont expliqué 2 maisons d'édition françaises, ils n'ont plus de moyens pour augmenter leur catalogue "Poésie". Mais je ne comprends pas la raison d'une justification qui n'en est pas une. Pourquoi pas: Nous n'avons pas le temps, pas l'envie, pas les moyens -> de vous éditer?? Soit, sempiternelle ritournelle, je commence à fatiguer de m'énerver pour rien, dans le vide, tout nu dans mon peignoir!

ET puis,  il me reste des forces profondes et denses. Lorsque je prends des coups, ceux que je m'inflige, ceux de l'extérieur que je considère comme tels, je vacille, d'accord, mais je reste debout, je continue à savoir que je danse avec mon existence et que, comme au tango, c'est moi qui doit la guider, autant que mes pas d'allant et mon désir le permettent. Je dors, plus fort, je fuis (les ombres) (et c'est) ma vie , MA vie.

Et je la vis plus fort

 

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13.05.2009

Les poings de l'angoisse

 

Verrais-je un jour le Jour comme je m'idéalise le prendre?

Comment faire pour vivre au quotidien, le regard debout et droit, sans qu'il dévie aux aguets, cherchant les menaces, ou s'affaisse anticipant l'horreur.
 Je me mutile.  Alors que je déverse si souvent des mots qui parlent de belle déraison, de liberté, de vie, tandis que je me projette comme un apprenti-sage sur l'écran, sur le blanc, dans les yeux d'étrangers à ma cause, en tant qu'être extérieur à la leur, je reste vulnérable, décarapacé face aux éléments de ma propre existence.

Les poings de l'angoisse me défigurent l'envol, puis ils s'enfoncent dans ma poitrine et s'agrippent à mon ventre, compressent mon coeur. Est-ce que je pressens le coup qui va m'abattre en plein vol ou de le pressentir m'accule-t-il à la chute?  Une théorie de psychanalyse de comptoir pencherait pour la deuxième option, de même que mes chutes précédentes finissent par dresser un constat : Mon comportement serait -dans le temps et l'absolu de mon histoire- la constante invariable qui provoque ces chutes puisque tout autre élément varie! 

Je me sens interdit  par la plus évidente des choses de la vie aux autres: on ment et on se ment, on tait et on se tait. ET on construit des chemins de vérités avec ces silences, puis à force on y trébuche et on tombe. Moi, je mens sur mes faiblesses, je les fais passer pour des victoires sur moi même alors que je sais toutes les brêches encore ouvertes. Je me tais pour paraître confiant alors qu'en fait, je ne me sens à la hauteur que de ma propre peur...

17:14 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

05.05.2009

Je suis, Moi je, on s'en fout, etc...


Selon ma perception égotique, je suis écrivant, je suis poète. Je suis un inachevable mélange instable, romantique sousréaliste, impressionnisté underground et déchet asocial à qui l'on accorde l'absolution blanc-seingnée avant de le vouer aux gémonies avec ferveur. Je suppose que je suis aussi ce que l'on appelait un fou, mes silences parlent souvent de cette tare. Mais je est un autre et tu aussi. Et moi je fume toujours.
Ce qu’il y a, c’est que ce "Moi, je" suivi de certitudes, d'affirmations définitives, d'agressivité pseudo-marginale, de menaces voire de dédain, je sais qu’il est in et tendance mais ça me pose un problème.

Problème ou gêne, car cette catharsis d’un désamour de soi, du besoin de reconnaissance, d'une confiance fragile, n’est-ce pas aussi la marque d'un instant de clairvoyance ignorée? Et ce n'est pas que c’est grave, d'autant que c'est si facile, si tentant derrière le faux miroir, ce lâchage egotiste. MAIS! En avoir conscience, c'est mieux .Nous sommes à notre insu, malgré notre déni, les meilleurs juges de nos faiblesses, de notre besoin de plaire. La vanité est miroir de notre pire, maquillé et présentable!

Et donc : Moi, je...

Mon 1er recueil "Méandres dominants" a été publié en Mars 2007. Il ne l’est plus, l’éditeur s’est enfermé dans ses propres méandres.
Des extraits:
-
http://www.maisondelapoesie.be/auteurs/auteur.php?id_aute...
- http://home.scarlet.be/f.altamira/index_files/Page407.htm...  

Mon second recueil "Ce qui fu{i}t (comme un éclat d'extase)" est chez les éditeurs (3 toujours en premier ou second comité de lecture d’après la lettre circulaire, et 6 sans réponse...*)
* Impressions nouvelles, Coudrier, Le Cormier, Fram, Didier Devillez, La lettre volée... C'est quand vous voulez!

Je travaille sur 2 nouveaux projets : Un recueil de nouvelles et chroniques au titre provisoire de: "Le débattoir des condamnés en rut" et un 3è recueil de poésie qui approche et danse avec la promiscuité des silences.

Parce-que finalement, vous vous souvenez peut-être :
Pour moi écrire est un crucial et capiteux supplément d'air que l'inspiration me fait expirer. Ecrire est ma peau, ma voix, mon odeur, ma couleur, principales. Parfois, j'écris un livre, parfois, j'écris pour être, parfois j'écris en pare-êtres, souvent, j'écris en tremblant... 

Blablablablablablabla, on s'en fout ?! Oui, je sais, de toute façon, c’est du copié collé. C’est à la suite de ceci, le truc dont on ne fout pas.  

è Tout ça pour vous dire que le podcast de l’émission Jardin Publik dans laquelle j’étais invité jeudi dernier est en ligne :


http://www.roomp3.com/mp3-2668-F._Altamira_Et_Le_Th&eacut...

13:41 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |  Facebook

28.04.2009

Petites annonces

 

Rapidement, si cela intéresse quiconque, je profite de mon blog (waow, l'intrépide effronté)

Afin de signaler aux lectrices et lecteurs qui passeraient par ici que je suis invité, en compagnie de Mme Monique Dorsel du Théatre Poème, sur Radio Panik (105.4 FM sur Bruxelles) ce jeudi 30 Avril de 18 :00 à 19 :00 pour une émission spéciale poésie .

(http://www.radiopanik.org/spip/)

Tout aussi laconiquement que j’étais rapide ci-dessus, je signale (sans implorer mais avec pugnacité ) à quiconque serait éditeur de poésie que mon recueil « Méandres dominants » publié en 2007 aux défuntes éditions Artésis et double finaliste du prix du Jury et du prix du public du Prix Gros Sel, qu’il est toujours libre de droit d’édition et qu’il attend gentiment un gentil éditeur à l’accueil. Merci.

Dans le même élan, mon second recueil est toujours carrément perdu dans les affres de la recherche d’un éditeur, 7 maisons d’éditions n’ayant toujours pas répondu à la gentille lettre qui l’accompagnait.

Dernière petite annonce, si vous connaissez une formule magique pour transformer le désintérêt des maisons d’éditions et du public pour la poésie en général, et surtout la mienne en très très particulier, ou si vous connaissez un marabout ou un sorcier (au pire un psy, mais le mien est très bon et il n’y est jamais arrivé) qui pourrait me permettre de m’en foutre, avec toutes mes préalables circonvolutions révérencieuses, filez-moi leur numéro de téléphone, je vous en saurais gré, bordel!

PS: Et si tu es blonde, jeune et à forte poitrine... Heuu, ben rien!
Enfin si, globalement, je pourrais dire: j'en suis ravi pour toi et jespère que tu le vis bien. Voilà, voilà... Les petites annonces, tout ça!

14:37 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |  Facebook

25.04.2009

la claque de L'éloge de la fuite

 

Peut-on réellement espérer, aspirer à, vivre sa vie dans le choix? Il me semble qu'une ligne du temps finit toujours par nous sectionner les pas et rogner l'élan. Un sur trois, un sur deux, il n'y a aucune justice naturelle. Aucun amour de l'autre instinctivement rationnel.  Aucun acte, aucune posture, aucun sacrifice ne porte en lui la promesse d'un équilibre mais on ne peut s'empêcher d'estimer due, légitime la sérénité d'âme!

On en revient toujours à la nature humaine qui n'entend rien au bien spontané. Ca lui en coûte tant, viscéralement, qu'elle est incapable de gratuité.

ET la boucle est bouclée, vouloir être quelqu'un de bien est fondamentalement hypocrite puisqu'on en espère la "juste" récompense, vouloir le bien d'autrui n'est naturel qu'à hauteur de son propre bien-être ou au delà de sa propre souffrance!

Gratitude pour gratitude. Ingratitude contre ingratitude.

Je relis une fois encore l'éloge de la fuite de Henri Laborit, je n'invente pas cette équation. Et la justesse de sa froide et méthodique dissection du sentiment humain me glace de désespoir par tant de justesse, de vérité...


Nous sommes totalement incapables d'inventer une alternative à ce déterminisme émotionnel: gratitude pour gratitude, etc... Nous ne sommes pas capables d'harmonie lorsqu'elle n'est pas nôtre, c'est une impuissance innée. L'essence de l'humain est d'être fondamentalement individualiste par mesure de survie, nous ne vivons nos vies dans le choix qu'égoïstes ou contraints, qu'en générant la douleur ou l'effroi!

Regarder le monde avec les yeux de Laborit est effrayant, on y voit l'explication du chaos millénaire et l'infinie impuissance des hommes à être naturellement libres  sans fuir ou être banni.

 

 

16:12 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

21.04.2009

La course à la gueule


Je suis vide de haine, mais en creusant dans mes plaies et mes rires, je vois bien qu'il y a cette colère qui tapissera toujours mes veines et la masse grisâtre de ma cervelle érodée.

Je nourris une colère brute contre vous, les autres, juges et victimes, indifférents ou lâches, insignifiants qui vous gâchez en n'étant pas, supérieurs et surfaits, vulgaires crétins qui me gâchez en étant trop.

Peu d'une vie parvient à s'éloigner vraiment, à s'isoler totalement, enfin !!!, pour ne plus rien être qu'elle-même.
Mais il suffit d'un pas hors travers réclusif, et la course à la gueule me happe. Il faut la gagner, à chaque instant, cette connasse de compétition . Orgueil au pied droit, survie au gauche, se battre, piétiner la mêlée imbécile et vaine, marcher sans face, tout aussi con et vain, pour avoir de la gueule, le sine qua non de l’existence en meute. Être considéré, surnager, bouffer... à peine! A peine, mais sans repit, tant que durera le besoin, d’exister, de soigner l’angoisse du vide, de vivre et surtout de mourir.

Vous me dégoûtez, vous m'attristez, plus glauque encore, vous m'apitoyez! Vous, les imbus qui, post abjection, justifiez votre morale en la maquillant comme une chyène de podium haute couture, vous les naïfs qui courez apeurés en rampant, parce que vous avez réalisé que c’était déjà trop tard, parce-que vous n’avez pas compris assez vite que d’avoir choisi ce jeu vous intégrait, vous absorbait sans loi dans une pyramide qui vous entasse puisque par définition, vous est une masse insignifiante et sans réalité, hors jeu pendant toute la partie!

Le sommet ?? Je ne vous le souhaite même pas, vous n’aviez pas à me mettre en colère!

Et le pire, c’est que chaque fois que je sors de ma caverne, que je viens à vous et intègre la course, je réalise que 'vous', c'est moi, et je me dégoûte tant qu’à la fin, toute ma colère vous néglige d’un dernier absurde - à peine audible autant qu' inutile - pour se concentrer sur moi…et me dé-gueuler!

Pourtant je continue à ne pas vous hair, je crois même que je vous aime malgré la menace que vous m'inspirez , pourtant je n'arrive toujours pas à m'accepter... gueulé!

11:53 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

08.04.2009

Le choix des faux hommes libres

 

Lorsque j'ai écrit l'article "Brûler" précédemment, j'ai vraiment été très gentil avec moi-même. J'ai aussi et surtout envisagé la combustion comme un acte unique, en parenthèse, sans conséquence sur l'existence si ce n'est de (ré)clamer une volonté dyonisiaque d'exalté de la plume!

Mais brûler ainsi est léger. Pour lui donner plus de corps, de masse et de veines incendiaires il faut avoir le courage de fouiller les questions que cela soulève.

Que fait-on de notre liberté? Nous les plus ou moins libres de nous exprimer, de nous déplacer, de vivre? Comment en arrive-t-on à se retrouver prisonnier volontaire de nos zones de confort. Installés dans nos acquis intellectuels ou moraux, accrochés à nos biens matériels, à notre petit espace gagné sur l’incertitude, contre la bête socio-économique.

Ce cri toujours d'actualité: "La terre est vaste!", qu'en faisons-nous? La plupart du temps? A part en parler, en rêver "RAISONNABLEMENT", c'est à dire, sans jamais bouger nos culs en dehors des transhumances réglées comme une partition martiale.

Pour ma part, depuis des années, j'ai toujours eu une raison en béton. Pas de pognon, j'ai une responsabilité et une mission à remplir en tant que père... Mauvais calcul, j’ai volontairement oublié de complexifier l’équation, de lui adjoindre des variantes, des nuances, par fainéantise, conventions et par lâcheté. Mais à force de limiter mes horizons, je me tue plus vite, je crois. Peut-être est-ce cette année supplémentaire qui m’est tombée dessus? Peut-être aussi ai-je lu trop de biographies de vrais hommes libres ces derniers temps… Sans doute que d’en parler souvent, d’évoquer plus fréquemment ces « rêves » m'a éveillé au besoin de me foutre de ma gueule.
Je veux atteindre ce niveau de calme et d'assurance qui me fera abandonner la peur de l'avenir si…, me moquer d'être mis à la porte, sans mes revenus de survie bourgeoise, quitte à me battre pour vivre, reconstruire, revivre puisque je suis persuadé que je meurs trop vite et sans but alors que le but premier de la vie est de VIVRE.

Je sais qu’on peut retrouver l’élan qui fait que l’on se jette en jours inconnus la tête la première, les yeux embués par la course, qu’il faut seulement un déclic. Quand j’écris, je ressens cette liberté qui me gagne et s’infiltre dans mes tripes. Je devrais alors me lever et courir, en évitant mes meubles et les murs, pour faire la première chose qui me vient à l’esprit , teintée de « liberté ». Réapprendre à oser, baiser avec le risque, engrosser l'incertitude.

Les choix sont toujours possibles ! Et on est souvent seul à pouvoir les faire, mais les assumer nous tire en arrière, empoignant nos nuques pour nous rappeler notre fragilité!
L’égoïsme pur pour vaincre cette malédiction ? Dans la revendication ou le silence des actes posés et imposés aux autres? Y a-t-il une autre voie? Est-ce que nous sommes fous ou trop sain(t)s de nous priver de choix quand ils sont à notre portée? J’ai envie de crier, d’en baver de rage, de devenir un ogre d’horizon…

17:20 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook

28.03.2009

Un bon poète est un poète mort ou people?

Est-ce ce tango apasionado d'Astor Piazzola que j'écoute en boucle ou le calme invasif qui m'encercle? Je ressens une sérénité incroyable dans toutes les pensées qui s'attachent à me ramener à mon moi écrivant!

Sérénité aussi quant à ce que je me sens être aux autres. Comme une envie de ne même plus vouloir essayer de me faire "accepter", d'être, là, ici, ailleurs, tel que je boîte et penche et me trompe ou trébuche, somme d'imperfections, d'à peu près, de lumières aussi.

J'ai lu ça il y a quelques jours, dans un forum qui traitait de la voix trop faible de la poésie, des petits colloques ou salons de poésie qui n'attirent qu'une poignée de passionnés ou de curieux cherchant de quoi occuper "culturellement" leur dimanche: Il y avait cette intervention d'une femme qui disait regretter de ne  pouvoir rencontrer Paul Eluard. Un autre lui répondit qu'effectivement, c'était la règle, souvent on aime les poètes morts! Je me suis dit , oui mais si Guillaume Canet, Julien Doré ou Charlotte Gainsbourg publiaient une recueil de poésie, "on" adorerait ça!

Comme une envie de ne même plus essayer de me faire "accepter"...

Rien de ce que je suis ou devrais faire pour forcer les portes du monde littéraire, sans aucun doute. Y ai-je une place d'ailleurs? Et si c'était mon hallucination immodeste que de me croire ET "poète" ET de valeur? Et quand bien même, qu'est-ce qu'une place dans ce monde? Putain d'orgueil, de désir de reconnaissance. C'est de l'impalpabe, du symbolique. Ma peau, mes organes, ma gueule de chien mouillé ne se métamorphoseront pas pour autant. Ni mes aspirations simples, mes appétits, mes nuits de faiblesse et de rêves. L'existence dans cette meute humaine est tellement codifiée, alors qu'ici, maintenant, tandis que j'écris,  je suis dans l'immensité d'une liberté tranquille. Les contraintes du jour, les courses, le gris du ciel, l'espoir cannibale sont immobiles, extérieurs, pas menaçants. Personne ne l'est juste maintenant. Je suis "écrivant", ma parenthèse me met en suspension. J'ai une faim de Fou, de me vivre, et j'ai peur, de ne pouvoir, d'être trop "penché" justement, trop tordu par mes chutes, mes cicatrices, mon sable déjà écoulé.

Pourtant j'ai faim, je flotte, avec juste ce qu'il faut de morceau de semelle touchant encore la terre, pour jouer les règles, la survie, là, dehors...

13:09 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook

21.03.2009

Brûler

 

Aux horizons, aux espaces, aux vents, parce que derrière moi, le temps me rappelle qu'il est lisse et ne s'accroche à rien. Je regarde toute cette agitation, toutes ces contraintes qui nous compressent, je me rappelle quand j'avais pour moi la sensation spontanée du possible.

Toutes ces heures, ces légions d'heures qui me traversent, que je transperce en me laissant me consumer à leur rythme, bien trop passif quand je suis au-delà de mon monde.

Brûler, ai-je pensé ce matin, brûler pour accélérer le sang,  pour ne pas dessécher la sensation faiblissant que les lendemains contiennent encore des possibles, des présents, des pulsations impossibles

A l'idée toujours plus belle, que personne ne vivra ma vie pour moi, si belle que je suis souvent pétrifié à l'idée de lui répondre. Elle qui me raconte que si la cage est une évidence, il n'en reste pas moins qu'elle est extensible et surtout immense en chaque point de son espace, car je suis un privilégié dans ce monde. 


Aux soleils, aux torpeurs, aux instants, aux pensées incontournables, il m'est offert de brûler aussi plutôt que d'être consumer dans leur ombre.

13:56 Écrit par F. Altamira, puisque la vérité est ailleurs mais que la poésie, elle, est partout Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook